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Enfantillages: la parentalité sous la loupe du PTDN

Luc Bourgeois

Enfantillages: la parentalité sous la loupe du PTDN

Pour une 16e année consécutive, le Petit Théâtre du Nord (PTDN) s’occupe de nous faire voir le théâtre estival d’un nouvel œil. Leur «théâtre en été» place l’humain au centre de tout, dans le but avoué de faire réagir et réfléchir, d’émouvoir et surtout,  de faire rire. L’espèce humaine ciblée cette année, le parent dans toute sa splendeur et ses moments un peu moins glorieux, se retrouve au cœur d’Enfantillages, troisième collaboration de l’auteur François Archambault avec le PTDN.

Portée par les cofondateurs de la troupe, Luc Bourgeois, Louise Cardinal, Sébastien Gauthier et Mélanie St-Laurent, la pièce est présentée jusqu’au 24 août, au centre communautaire de Blainville, après avoir été jouée au théâtre de La Licorne en mai dernier.

Enfantillages, mise en scène par Frédéric Blanchette, se compose de 14 tableaux mettant en vedette le parent susmentionné. On le voit en relation avec sa tendre moitié, une amante, un voisin ou d’autres parents, dans des situations testant une variété de ses limites, le tout lié par le fil conducteur de l’amour de l’enfant. Bien que physiquement absent, il est évidemment question de lui presque à chaque minute, car il constitue la raison d’être du parent.

On ressent déjà sa présence même avant le début de la pièce, alors que les consignes d’usages sont lues par un enfant, de même que tout au long du spectacle, où chaque tableau est annoncé sur écran par un dessin d’enfant. Les acteurs évoluent également dans un espace très ludique, de gros blocs aux couleurs vives servant à construire et déconstruire les différents lieux, lesquels sont régulièrement inondés de balles de plastique colorées.

Tout étant possible dans cet univers versatile aux changements de décor et de costumes à vue, les comédiens jouent, au sens le plus littéral du terme. Ils jouent au papa et à la maman, comme de grands enfants qui se déguisent, qui imaginent tout un lieu autour de deux blocs poussés l’un contre l’autre ou redressés.

Ce procédé leur permet également de jouer, au sens théâtral, un grand nombre de personnages dans de courtes scènes sans lien de continuité les unes avec les autres. Il nous est ainsi donné d’apprécier la polyvalence du quatuor d’acteurs, qui passent sans effort d’un registre à un autre, reprenant parfois leur identité propre pour partager un souvenir d’enfance.

Le texte d’Enfantillages se fait donc parfois mordant, parfois touchant, généralement drôle, souvent absurde. Les situations dépeintes, dramatiques, émouvantes ou embarrassantes, sont extrapolées, grossies, mais génèrent tout de même l’identification ou la compassion. On assiste donc aux déboires de plusieurs couples de parents, à leurs questionnements, leurs remises en question, leur désir de rester amoureux et insouciants, malaises et répliques cinglantes en prime!

De l’utopie d’offrir à son enfant un monde sans violence aux conséquences d’une grossesse non-désirée, en passant par celles de l’enfer d’une infestation de poux, la disparition de son enfant ou encore l’accès facilité à la pornographie, on retrouve sous le ton légerd’Enfantillages plusieurs pistes de réflexions sur la parentalité, livrées par des personnages qui font sincèrement de leur mieux pour s’acquitter de la tâche drôlement colossale d’élever un enfant.

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