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Dominic et Martin: folie à deux

Complices de longue date

Dominic et Martin: folie à deux

C’est encore un public fébrile et de belle humeur qui emplissait le théâtre Lionel-Groulx pour un nouveau spectacle de la série Humour d’Odyscène.

La popularité de cette série ne se dément pas, les spectateurs y étant toujours au rendez-vous en grand nombre et avides de rire. En cette soirée du 12 octobre dernier, c’est le duo Dominic et Martin qui déclenchait l’hilarité avec son dernier opus, Fou.

Les complices de longue date étaient précédés sur scène par Stéphane Fallu, qui se qualifie de «préliminaire», faisant déjà rigoler la foule. Pendant la douzaine de minutes que dure sa prestation, il adopte un rythme de stand-up pour un feu roulant de gags et de mises en situation qui le mettent généralement en vedette. De sa paternité récente à son passage mémorable à la «douanette» de Cuba, en passant par la vie de couple, il relate le tout en y insérant des points de vue inusités et des détails du quotidien dans lesquels se reconnaître avec dérision.

Chaleureusement salué, il laisse le plateau aux têtes d’affiche de la soirée que l’on accueille bruyamment , alors que le rideau de velours s’ouvre sur de grandes lettres lumineuses épelant le mot «fou». Après que Dominic ait prononcé la première et inévitable «joke de gros» visant Martin, s’ensuit une dispute en aparté, procédé qui ponctuera régulièrement la soirée.

Pourquoi avoir choisi Fou pour intituler ce spectacle ? Simplement parce que la folie touche tout le monde. Sous forme de courage, d’inconscience ou même d’ingrédient, la folie se retrouve au cœur de maintes expressions populaires que le duo illustre abondamment d’exemples du quotidien ou complètement fantaisistes.

Le thème demeure bien présent et sert de fil conducteur entre les tableaux, qu’ils abordent la mollesse des parents d’aujourd’hui, jasent allègrement de sexe ou de leur incompréhension devant certaines innovations technologiques et même la fête de Pâques.

La mise en scène, signée Guy Jodoin, brille par sa sobriété, mais se démarque surtout lors du numéro où les deux comparses tentent de démystifier plusieurs théories populaires du complot. Dans le noir total, seuls leurs visages s’éclairent de rouge ou de blanc alors qu’ils émettent leurs propres suppositions, empreignant le numéro de mystère. Celui-ci constitue l’un des sketches les plus réussis du spectacle, avec celui où Dominic et Martin s’imaginent les seuls survivants de l’apocalypse. Ils s’y projettent de manière bien différentes, l’un tout à la survie et l’autre n’y voyant que la levée de tous les interdits, l’excuse pour faire mille folies.

Comme ils se donnent la réplique depuis leur sortie de l’École nationale de l’humour, en 1993, Dominic et Martin ont développé une complicité et une dynamique hors du commun. Basée sur la dualité du clown blanc et du clown rouge, elle repose ainsi sur la complémentarité. Martin représente, avec son attitude raisonnable et son sens de la répartie implacable, le clown blanc. Sur scène, il se heurte à la bouffonnerie sans limite et à l’imagination débridée du clown rouge qu’est Dominic et tente de le ramener sur Terre. Ils s’asticotent, se taquinent, mais une grande écoute, de même qu’un soupçon d’improvisation qui les garde bien alertes, caractérisent également ce duo des plus sympathiques.

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