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Chanter la liberté

(Photo Yves Déry)

Chanter la liberté

Elisapie Isaac

Les géants du folk canadien, Gordon Lightfoot, Neil Young, Joni Mitchell, Leonard Cohen l’ont tous chantée à leur façon propre. Elisapie Isaac, la belle du Nunavik, qui était de passage aux Jeudis shows de Blainville, le 29 juillet dernier, au Parc équestre, suit leurs traces. Elle fait à son tour l’éloge de la liberté avec une frappante dualité: le profond respect de l’ancestralité inuite et la nette affirmation de la modernité.

Très agréable paradoxe lorsqu’on sait que la spiritualité des Inuits se fonde sur le moment présent. Vivre le présent, n’est-ce pas là justement le début d’un accès à la véritable liberté?

Dès les premières secondes où Elisapie Isaac fait entendre son chant, elle nous enveloppe. On ne fait qu’écouter. Pas qu’elle dispose d’une voix très portante, mais difficile de ne pas se laisser porter par ses inflexions insinuantes et câlines.

Ça devient une subite invitation à partir à la découverte du Grand Nord québécois, de ses terres si lointaines et si proches à la fois, aussi mystérieuses et éblouissantes que le phénomène d’une aurore boréale.

Parce qu’en vérité on ne sait à peu près rien, à moins d’y avoir élu domicile professionnellement, de ces contrées presque vierges, parce que peu médiatisées du point de vue touristique.

Sous la tente des Jeudis shows, qui avait en toute coïncidence la forme d’un immense igloo, Elisapie Isaac a parcouru la majorité des chansons contenues dans son dernier opus, There Will Be Stars. L’interprétation la plus sentie a certes été celle de Moi, Elsie, dont le texte lui a été offert par Richard Desjardins. Un cadeau que, nous explique-t-elle en introduction, elle considère aussi précieux et symbolique que la caresse d’un enfant ou du don par une mère inuite d’un manteau typique fabriqué à la main à un visiteur étranger.

La chanson effleure, entre autres, le suicide (un fléau chez les jeunes Inuits du Nunavik) encore inexpliqué d’un cousin d’Elisapie, un évènement dont l’auteure-compositrice-interprète parle ouvertement à son public comme pour continuer de l’exorciser.

Très accrocheuse aussi sa mouture de Silence, de Fred Pellerin. Les paroles prennent toute leur dimension lorsqu’on imagine le Nord-du-Québec.

La soirée a pris fin sur la plutôt inattendue Chiquitita, repiquée de la formation suédoise Abba, un des groupes, confie Elisapie Isaac, qui lui aura permis d’être initiée à ses premiers vidéoclips.

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