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Catherine Major: cette voix grave et veloutée

Catherine Major transporte les spectateurs dans un périple musical au cœur de son Désert des solitudes.

Catherine Major: cette voix grave et veloutée

L’atmosphère se faisait curieusement intimiste au Théâtre Lionel-Groulx, le vendredi 1er février, avec ce public étonnamment peu nombreux pour accueillir une artiste triplement nominée au dernier Gala de l’ADISQ.

Une telle ambiance se prêtait toutefois très bien à la musique à la fois personnelle et grandiose de Catherine Major. Cette dernière ne se formalise pas de cet auditoire embryonnaire, préférant transporter les spectateurs présents dans un périple musical au cœur de son Désert des solitudes, en l’excellente compagnie du contrebassiste Mathieu Désy, du guitariste Daniel Lacoste et du batteur Simon Blouin.

L’auteure-compositrice-interprète se lance sans préambule dans Ma voix, qu’elle a d’ailleurs grave et veloutée, accompagnée de chœurs aux accents marins. D’une sombre richesse, le texte s’appuie sur une mélodie vaporeuse et aérienne. Telle sera la facture de la plupart des pièces qu’elle nous offre avec intensité, célébrant la beauté des mots et de la musique, «pleine de mots, pleine de notes et d’amour».

Pleine tout court, dit-elle d’ailleurs à la blague, son bedon tout rond de femme enceinte joliment mis en évidence dans une camisole aux fleurs scintillantes. La maternité semble d’ailleurs un sujet de prédilection pour Catherine Major, qui en parle avec un bonheur apparent, et aussi à la blague, parsemant le concert d’anecdotes personnelles. Ces interventions plus légères alternent avec d’autres plus poétiques ou plus denses, de même que les atmosphères oniriques cèdent parfois la place à des rythmes plus concrets, le tout apportant au spectacle un équilibre bienvenu.

Celle qui étudie le piano depuis l’âge de quatre ans semble ne faire qu’un avec son instrument, dont elle extirpe des sonorités souvent mélancoliques, mais aussi sautillantes et jazzées ou encore teintées de rock, de blues ou de rythmes latins.

Des textures inusitées sont également imprimées à la musique: en sortant par exemple le pedal steel de son habituel contexte country pour le transposer dans la superbe Petit début d’éternité, l’artiste la rend ainsi presque douloureusement lancinante, quoique lumineuse.

Catherine Major vole également au secours des opprimés en tout genre, dans une Fais pas l’affaire à la finale bien rock appréciée du public, de même qu’elle évoque l’impuissance ressentie devant l’injustice sociale, la faim dans le monde, avec une colère contenue dans une Sahara mystérieusement feutrée.

Pour Un blanc sur ma mémoire, issue de sa participation à l’émission Les voix humaines, Catherine Major dépeint avec douceur et sensibilité la détresse des survivants du séisme d’Haïti, livrant ainsi une pièce extrêmement touchante qui évite le piège du mélodrame. Même son de cloche du côté de Soixante, d’abord écrite pour son père, avec ses chœurs majestueux et ses percussions rappelant les battements du cœur, à la finale monumentale.

On se laisse facilement emporter par la musique, bercer par les mots. Ses textes sont évocateurs et habiles, faisant naître dans notre esprit des images de tempête et de bateaux, de désert et de bohémiens, ou encore nous renvoyant à nous-même, notre existence, notre quotidien.

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