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Billy Tellier: habile et mordant

Billy Tellier présente son premier spectacle solo en rodage, spectacle rempli de promesses et d’éléments forts.

Billy Tellier: habile et mordant

C’est une perception erronée, pour certains spectateurs, un spectacle d’humour relève de l’improvisation.

Des blagues aléatoires lancées au gré de l’humeur de l’artiste s’articulant autour d’une ligne conductrice et auxquelles le public peut répondre allègrement, intervenir sans gêne. Il n’en est pourtant rien, le genre humoristique étant des plus difficiles à écrire et à rendre efficacement.

En effet, le rythme est primordial pour produire l’effet comique, il doit être précis et resserré, chaque virgule comptant, chaque respiration étant planifiée pour accentuer la chute des gags. C’est pourquoi le rodage est une étape importante dans la production d’un spectacle humoristique. Il permet à l’humoriste de tester les numéros devant public, de s’abreuver de ses réactions ou de ses non-réactions afin d’ajuster l’écriture et l’exécution des numéros.

Les spectateurs du cabaret de l’église Sacré-Cœur ont donc pu être témoins de cette progression du premier spectacle solo de Billy Tellier, La loi du plus fort. L’humoriste s’y produisait effectivement les 8 et 9 novembre derniers, devant une salle bien remplie et prête à rigoler.

En forme, le public accueille chaleureusement Billy Tellier qui fait son entrée au son d’une version remixée de Billy de Julie Masse. Il commence brillamment son tout premier spectacle solo avec la toute première blague qu’il a racontée à vie, clin d’œil touchant à son enfance, durant laquelle l’humour a été une révélation pour lui.

Il sera d’ailleurs beaucoup question de cette période de sa vie, des personnes qui l’ont influencée. Sa mère, qui l’a élevé seule, ses grands-parents, les amis d’école, les professeurs.

Être un homme en 2012, cela implique quoi? C’est la question à laquelle Tellier tente de répondre en introduction de son spectacle. Ce numéro, habilement écrit et rendu, amorce la soirée de belle façon, décrivant la pression d’être grand et fort, d’être «manuel», de posséder une maison, des biens. Avec un regard neuf et vif, il se place au cœur des stéréotypes, misant beaucoup sur l’autodérision pour faire rire, procédé qu’il emploie d’ailleurs tout au long de la soirée.

Billy Tellier s’applique, avec sa plume acérée et souvent ironique, à se défaire des diverses pressions sociales qui nous accablent au quotidien. Pression du bonheur, de la paternité, du mariage. Les gens trop heureux l’agressent, tout comme cette propension à gommer les problèmes, les échecs. Pour lui, pallier le malheur avec la consommation et le matériel revient à valoriser le ludique au détriment de l’intellect.

Le sketch sur le baptême est hilarant, avec son texte chuchoté et délicieusement absurde. Billy Tellier y reconstitue celui du fils de l’enfant de son ami Guillaume, duquel il est le parrain. Tout ce segment recèle de réelles préoccupations au sujet de la paternité, de même que celui sur le mariage aborde des questions plus profondes qu’il n’y paraît, toutes grossies et extrapolées qu’elles sont sous la loupe humoristique de Billy Tellier.

Son jeu se fait également physique, son interprétation généralement bien rythmée. On ne sent pas le texte, ses transitions fluides faisant l’effet d’histoires racontées par un ami. En somme, La loi du plus fort est un spectacle rempli de promesses et d’éléments forts, particulièrement l’écriture habile et mordante de Tellier, dont la version finale présage d’être redoutablement drôle.

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