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Badouri: chargé à bloc

Rachid Badouri propose avec Rechargé un spectacle efficace

Badouri: chargé à bloc

Après une absence de trois années sur les planches québécoises, et surtout térésiennes dans le cas qui nous préoccupe, Rachid Badouri renoue, en 2013, avec le public de la belle province, après un hiatus européen.

Ressourcé et reconnecté, «rechargé»d’histoires et d’anecdotes, comme son titre l’indique, il poursuit une tournée de rodage de son plus récent et second opus qui s’arrêtait au Théâtre Lionel-Groulx, le 12 septembre dernier.

Près d’un mois avant sa première Montréalaise du 14 octobre au Théâtre St-Denis, le spectacle Rechargé semble fin prêt, efficace, dynamique et rassembleur.

L’humoriste est rechargé, chargé à bloc, et ça se sent d’entrée de jeu. En effet, dès l’arrivée du public en salle, une musique au rythme et volume digne d’un nightclub se fait entendre. Cela a vite fait d’exacerber l’énergie des spectateurs déjà fébriles qui ne demandent pas mieux que d’accueillir bruyamment et chaleureusement Rachid Badouri.

Ce dernier prend place dans un décor lumineux et dynamique, tout à fait à son image. De grands panneaux lumineux se transforment tout au long du spectacle, accueillant effets d’éclairage et projections, ces multiples changements trouvant leur écho dans le comportement sur scène de l’humoriste.

Ce dernier ne tient pas en place, arpentant le plateau, recréant des situations, personnifiant physiquement et vocalement tous les personnages, réels ou imaginés, qui peuplent l’univers de Rechargé.

Si l’on se moque de ceux que l’on aime, les proches de Badouri doivent se sentir choyés! Son père surtout fait les frais de ses moqueries que l’on devine affectueuses, lui que l’on imagine philosopher en carburant aux lapsus, vêtu de sa djellaba, ainsi que sa femme Julie, qui s’est apparemment révélée sous un tout autre jour dès que furent prononcés les mots «vous êtes maintenant mari et femme.» La présence de sa mère plane sur tout le spectacle, culminant par un numéro d’une étonnante sobriété relatant la fin de sa vie.

Entre le premier gag dépeignant son arrivée en France («Ça pète ta bulle, un douanier Français!») et la touchante conclusion de ce nouvel opus, Rachid Badouri se donne sans compter, se nourrissant des rires et de l’énergie du public.

La sienne est tout aussi contagieuse, alors qu’il évoque (avec un débit presque aussi rapide que celui de Louis-José Houde) sa calvitie et son intention de créer une association des chauves, son expérience délirante au centre sportif ou encore, en toute humilité, l’irrigation de son côlon. Des onomatopées, des expressions faciales des plus convaincantes, sans oublier les multiples accents qu’il maîtrise à la perfection, viennent appuyer son discours avec dynamisme.

Et s’il parle beaucoup de sa personne, se plaçant au centre de situations qui le font rire de lui-même, il est également beaucoup question de racisme et de préjugés (qu’il juge tous vrais!), de l’intégration des immigrants et des frictions qui existeront toujours entre ethnies. Il dédramatise le tout avec un humour empreint d’un espoir qu’il dit naïf, comptant sur l’éducation pour régler les problèmes de cet ordre, afin de permettre «à la tourtière et au couscous de cuire dans le même four».

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