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Anthony Kavanagh: valeurs sûres et cibles faciles

Anthony Kavanagh retrouve avec joie son public québécois

Anthony Kavanagh: valeurs sûres et cibles faciles

Avec son plus récent spectacle, Anthony Kavanagh joue à domicile, celui-ci délaisse momentanément sa patrie d’adoption, la France, et retrouve avec joie son public québécois le temps d’une tournée.

L’humoriste s’est entouré de Sylvain Larocque et de Réal Béland pour l’appuyer à l’écriture et à la mise en scène, histoire de se «remettre dedans» côté actualité, humour d’ici et québécismes. Car au lieu d’adapter son spectacle solo français Anthony Kavanagh fait son coming out, il a voulu créer un nouvel opus spécialement pour le public qui l’a vu émerger. Il était ainsi de passage au Théâtre Lionel-Groulx, le 9 mars dernier.

Mais avant de faire rigoler les spectateurs térésiens, Anthony Kavanagh est précédé sur scène par Olivier Martineau. Ce dernier, humoriste au geste nerveux et au débit rapide, s’acquitte fort bien de cette tâche parfois ingrate de première partie. Cynique, il «”haït” tout le monde égal», même les chats, mais s’acharne spécialement sur «les madames». Tout le monde y passe quand même, et nombreuses sont les victimes de ses punchs brusques, des gags sous-jacents au texte et des vulgarités glissées ici et là. Le public est bon joueur et accepte en riant sa position de souffre-douleur, saluant chaleureusement la prestation d’Olivier Martineau.

La tête d’affiche de la soirée ne se fait pas attendre et fait son entrée sur un air de rap. Devant un décor simple de tentures texturées éclairées, il récapitule son dernier passage au TLG au moyen de reconstitutions accélérées de ses numéros les plus connus… avant de se mettre les pieds dans les plats en insultant toutes les catégories d’êtres humains en essayant d’être politiquement correct. Ce premier numéro, très drôle et tout en simplicité, lance ainsi la soirée d’heureuse façon.

Mais dans ce spectacle à la structure rythmée, intégrant habilement stand-up, musique, bruitage et jeu physique, certains éléments du contenu semblent parfois faibles comparés à ce contenant innovateur. Kavanagh semble en effet s’appuyer sur des valeurs sûres de l’humour québécois, des cibles faciles, des lieux communs pour faire mouche à tout coup. C’est tout à fait compréhensible, mais des blagues de belle-mère, de Français pas propres et de femmes qui conduisent mal, il en faudrait des nouvelles!

Kavanagh parlera beaucoup de son fils et de sa femme, de leur nouvelle vie de famille avec un mélange de tendresse et de machisme. Sous les blagues, on le sent très touché par la naissance de Mathis et préoccupé par son rôle de père, de modèle.

Il abordera également le racisme, l’homosexualité, les différences entre la vie au Québec et en France. Une parenthèse historique fait également état, d’amusante façon, de la naissance de la démocratie et des mouvements de gauche et de droite. On a également droit à une version inédite de Cendrillon, dans laquelle s’entremêlent finalement tous les contes de fées, dans un numéro au jeu très physique.

On apprendra aussi, comme Kavanagh à ses dépens, que tout dans la vie est une question de point de vue, dans un autre numéro où l’humoriste s’en donne à cœur joie dans le mime et le bruitage. C’est d’ailleurs là qu’il s’éclate, au sommet de sa forme, n’hésitant pas à improviser, en rajouter, extrapoler pour un public qui en redemande.

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