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Anatomie d’une finale locale

(Photo Michel Chartrand)

Anatomie d’une finale locale

Cégeps en spectacle

Avant de sacrer le trio V’lours et ses Rubis grand champion de cette 27e finale locale de Cégeps en spectacle, de même que d’accorder des mentions honorables à Nicolas Gendron et à Jean-Philippe Sansfaçon Lévesque, le jury a dû prendre en considération toute une brochette de prétendants au titre.

Certains se sont démarqués du lot par l’originalité de leur démarche. C’est notamment le cas de Tommy Chevrette et de Maxime Leduc, tous deux étudiants au secteur Production de l’Option-Théâtre. Par un numéro alliant manipulation d’éclairage, vidéo et composition électronique, le duo a voulu montrer qu’il était possible d’assurer le côté technique d’un spectacle tout en étant soi-même sur scène: un impressionnant travail de programmation et de manipulation, un pari audacieux, mais peut-être incompris? Un commentaire similaire peut être fait du côté d’Héliogabale, groupe formé d’Étienne Guénette Lapierre, Vincent Lacasse et Charles Bicari, qui ont présenté un numéro musical métissé, à saveur expérimentale. Des rythmes syncopés plus rock se mêlaient à des atmosphères électroniques planantes, le tout ponctué d’interventions poétiques ou humoristiques de Charles Bicari, qui joue avec les mots et leurs sonorités, dans une prestation un peu déroutante mais pleine d’intensité.

Outre le trio vainqueur, un autre numéro a su soulever la foule, soit la performance du claviériste aux doigts volants Ludovic Daoust. Ce passionné de musique heavy metal a su démontrer qu’il ne se confinait pas qu’à ce seul style en interprétant la Théorie du Chaos, impressionnant collage de pièces aux genres variés, témoignant ainsi de la vaste étendue de son répertoire, et ce, pendant qu’un écran retransmettait en direct les images de son doigté vertigineux.

A également foulé la scène du Théâtre Lionel-Groulx la soliste Jessica Gagnon-Fréreault. C’est elle qui a débuté la soirée, en douceur, avec une interprétation sentie de Mon histoire, tirée des Misérables, pièce mettant en valeur sa voix puissante et maîtrisée. L’unique numéro de danse du concours avait pour titre Évasion. Sophie Renaud et Marie-Claude Camirand y interprétaient deux criminelles en cavale, dans une dynamique chorégraphie hip-hop, sur un très bon montage musical. Un troisième pianiste, Guillaume Lecompte, nous a quant à lui offert trois pièces aux textes bien construits, aux belles mélodies qui nous emportent dans des univers distincts. Après Le chevalier, en hommage au folklore québécois et Parfaitement imparfaite, ode à l’amour et ses aléas, c’est surtout Les derniers mots qui a touché le public, par son interprétation et son texte émouvants. De plus, deux numéros hors concours nous ont permis de patienter jusqu’au verdict: le Grand Gab, sympathique humoriste observateur du quotidien, a offert une divertissante prestation à un public réceptif et rigolard. Puis, le groupe De Facto nous a proposé ses pièces instrumentales à la texture intéressante, travaillée avec tables tournantes et voix préenregistrées.

Et si la soirée s’achève sans trop de surprise par la victoire de V’lours et ses Rubis, elle aura été fort agréable, pleine d’humour et d’énergie, et même d’un peu d’audace.

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