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Al Di Meola et Julie Lamontagne: trop de bonheur à la fois?

L’accompagnateur Peo Alfonsi et le grand Al Di Meola sur la scène du Théâtre Lionel-Groulx.

Al Di Meola et Julie Lamontagne: trop de bonheur à la fois?

Combien étions-nous, samedi après-midi, à s'escrimer sur des accords et à marteler des gammes pour parfois triompher de la difficulté de l'instrument, en se disant: «Ce soir, je vais voir et entendre celui qui a tout maîtrisé de la guitare»?

C’est souvent un privilège d’être affecté à certains évènements culturels et ce fut une occasion exceptionnelle que de voir et entendre Al Di Meola, en duo avec Peo Alfonsi, samedi dernier, sur la scène du Théâtre Lionel-Groulx.

Il y avait déjà tout pour une soirée rarissime (et elle le fut), mais voilà que l’on ajoutait la pianiste Julie Lamontagne à cette carte qui découle du Festival de jazz de Montréal, et c’était à notre avis une erreur de programmation.

La critique ne va aucunement à l’encontre de la pianiste, que les habitués de Radio-Canada connaissent bien, et qui, de toute façon, n’a pas à faire de premières parties, puisque son matériel comme son talent devraient lui valoir cette salle à elle seule.

Avec un bon quartette, on obtiendrait deux heures de jazz inédit et absolument sensationnel et nous n’y serions que pour Julie Lamontagne.

Mais c’est que, voyez-vous, quiconque se serait pointé pour nous distraire pendant une heure de ce monument de la guitare devenait nécessairement un irritant. Même le Cirque du Soleil, avec Barack Obama pour chanter Sweet Home Chicago, aurait été trop long.

Ce collage quelque peu forcé de très grands talents aura toutefois résulté en une interprétation intéressante avec les trois instrumentistes, dans l’avant-dernière des cinq pièces du rappel (peut-être six… on a veillé tard), mais nous constations alors qu’il était toutefois heureux que ce ne fut que pour une seule pièce.

Parce qu’il arrive un point de saturation où des compositions à deux voix, avec des envolées de notes époustouflantes, ne laissent plus place à quoi que ce soit d’autre.

Quand Peo Alfonsi enfile les accords complexes, entre deux envolées de gammes, et que la main droite de Paco Di Lucia bat comme l’aile d’un oiseau-mouche alors que ses doigts de la gauche brûlent les cordes… désolé, mais y a plus de place pour personne.

Les plus fortes réactions de la soirée furent bien évidemment pour Mediterranean sundance, du magnifique trio que le guitariste formait avec Paco Di Lucia et John McLaughlin. Remarquez que le guitariste choisissait les cordes de nylon pour ce spectacle, comme son accompagnateur d’ailleurs.

Ce fut donc une démonstration pianistique très forte en première heure, avec du Rackmaninov et des «chopineries», ainsi que du jazz éminemment relevé sur l’ivoire, mais les deux heures de guitares qui s’ensuivirent se sont avérées hors du réel, en balayant tout ce qu’il nous restait de mémoire.

Ça se fait, chialer parce que c’était trop intense et trop bon?

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