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Une usine de remplissage de munitions et un camp militaire

Devant l’un des murs de ciment qui subsistent encore

Une usine de remplissage de munitions et un camp militaire, Plan Bouchard: une histoire à valoriser

Le 8 mai souligne la fin de la Seconde Guerre mondiale, un conflit qui a laissé sa trace à Blainville, avec la construction d’une usine de remplissage de munitions, en 1941, le Plan Bouchard, devenu ensuite le Camp Bouchard, une base militaire, jusqu’en 1972.

La valorisation de cette histoire est importante et représente une véritable passion pour le responsable en loisir de la Ville de Blainville, Martin Rodgers, qui a fait de nombreuses recherches sur le sujet: «Mon objectif est de faire connaître l’histoire locale, la transmettre et la mettre en valeurs.»

L’usine a occupé 6 106 arpents (environ 25 km2) avec le Plan Bouchard, de 1941 à 1945, et ensuite la base militaire, de 1946 à 1972. Ce territoire a été choisi, explique M. Rodgers, parce qu’il offrait la possibilité d’un grand espace, d’un bon bassin de main-d’œuvre, la proximité de deux lignes de chemin de fer et la présence de l’eau.

L’endroit, aménagé comme un petit village, avait cependant une vocation temporaire. Beaucoup de constructions étaient en bois, sans solage, et les endroits où le ciment a été utilisé, c’était pour assurer la sécurité des opérations. Des bornes-fontaines et des grounds pour éviter l’électricité statique ont été disposés un peu partout et sont encore visibles aujourd’hui.

«Il y avait beaucoup de précision dans la construction qui était axée sur la sécurité et les risques d’incendie. Ils avaient leur propre service de pompiers et leur réserve d’eau. Même les souliers étaient faits avec des clous de cuivre pour éviter les étincelles», d’expliquer M. Rodgers lors de notre visite des grands murs de ciment qui émergent du sol, dans les boisés.

L’usine de remplissage était civile et divisée en quatre chaînes de montage comprenant plus de 400 bâtiments, dont plusieurs étaient reliés par des passerelles en bois. Les munitions étaient de gros calibres, de 20 mm jusqu’à des torpilles pour les sous-marins, par exemple. Les entrepôts, encore utilisés aujourd’hui, se situaient au fond du terrain. Le Plan Bouchard a employé, au plus fort de la Seconde Guerre, jusqu’à 6 300 personnes, dont 60 % étaient des femmes, souligne l’historien.

Si les conditions de travail étaient difficiles en hiver, puisque les bâtiments n’étaient pas isolés, il faut se rappeler que l’effort de guerre était obligatoire. La main-d’œuvre organisée au niveau national venait de partout travailler au Plan Bouchard. Les salaires étaient tout de même alléchants pour l’époque, souligne Martin Rodgers.

Sur le site, il y avait aussi un centre communautaire, un terrain de balle, des services d’autobus ou des baraquements d’habitations. Un hôpital était également présent, où plus de 25 000 accidents ont été répertoriés. Les médecins de l’endroit auraient développé, selon les recherches de M. Rodgers, une expertise pour soigner les problèmes de peau survenus au contact des produits chimiques utilisés à l’époque.

Lorsque le Plan Bouchard devient le Camp Bouchard, en 1946, il est alors l’un des plus gros dépôts de munitions et de matériel pour l’armée.

Martin Rodgers organise des visites guidées du site et espère pouvoir le mettre davantage en valeur. Toute personne qui aurait des anecdotes, photos ou objets de cette époque à prêter est priée de le contacter, au 450‑434‑5206, poste 5109.

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