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Signe du printemps: le retour des oiseaux noirs

Telle la sève qui coule dans les érables, le retour des oiseaux noirs marque le début inexorable du printemps, effaçant ainsi les stigmates de l’hiver long et gris.

Collaboration spéciale

Dès le milieu du mois de mars, les carouges, les quiscales et les vachers commencent à apparaître dans le paysage des Basses-Laurentides et autres régions du sud du Québec.

Ces oiseaux noirs, parfois décriés ou snobés en été, sont accueillis avec joie par les observateurs de la nature.

Après le silence de l’hiver, les cris et les chants des oiseaux noirs, pourtant peu harmonieux à l’oreille, amènent entrain et espoir de voir arriver par la suite les bruants, les hirondelles et les parulines.

Un des premiers arrivants prend la forme du carouge à épaulettes, l’oiseau noir aux épaulettes rouges surmontant ses ailes. Cet écusson distinctif est en partie caché lorsque l’oiseau se perche dans un arbuste ou sur un fil électrique.

D’une taille moyenne de 22 cm, le carouge à épaulettes est un peu plus petit que le merle d’Amérique. La femelle présente une parure nettement différente avec un dos brunâtre et une poitrine blanchâtre sillonnée de larges rayures brunes.

Le mâle surgit environ trois semaines avant la femelle afin d’établir son territoire. Il opte souvent pour un marais ceinturé de quenouilles ou autres milieux humides.

Pour sa part, le quiscale bronzé arrive habituellement une dizaine de jours après le carouge mâle. Cet oiseau noir aux yeux jaunes et à la longue queue en forme de V émet un chant métallique afin de délimiter son territoire.

Sous un éclairage ensoleillé, la tête et le cou de ce volatile affichent des reflets violacés. Le mâle et la femelle arborent le même plumage. Le jeune se distingue par ses yeux bruns et sa redingote brune.

Le quiscale fréquente les champs cultivés, les parcs de banlieue et les cours des maisons. Il niche assez souvent dans un conifère bordant une cour ou un jardin d’une résidence.

Le vacher, un oiseau parasite

De son côté, le vacher à tête brune revient parmi nous vers la fin de mars. Il porte son nom en étalant une tête et un cou brun sur un corps noirâtre. Il vit dans les champs et les clairières situés près des fermes et des forêts.

Le vacher est connu pour son parasitisme. Il ne construit pas de nid et n’élève pas ses petits. De manière discrète, la femelle pond dans le nid d’une autre espèce d’oiseau. Elle y dépose un œuf qui sera couvé et élevé par une étrangère. Celle-ci adopte l’oisillon qui grandira au détriment de sa propre couvée.

Au Québec, quelque 40 espèces d’oiseaux subissent le parasitisme du vacher. Le viréo aux yeux rouges, la paruline masquée et le moucherolle phébi représentent les espèces les plus affectées.

Les oiseaux noirs ne font pas tous partie de la même famille. Le carouge, le quiscale et le vacher font partie de la famille des ictéridés, alors que la corneille d’Amérique et le grand corbeau appartiennent à celle des corvidés.

En général, les oiseaux de ces deux dernières espèces restent parmi nous en hiver, bien qu’une partie de la population effectue des déplacements saisonniers.

En mars, la corneille d’Amérique semble être partout dans les champs, les parcs de banlieue et les bordures de route.

Elle est en effet très active au cours de cette période, émettant son fameux croassement («kâw, kâw, kâw») en vue d’établir son territoire.

Sa présence en grand nombre,au moment de la dernière tempête de neige, a amené les gens du pays à parler de la tempête des corneilles. Cette belle expression du terroir montre que la corneille fait partie de l’imaginaire ailé de notre patrimoine.

Journaliste indépendant pour divers magazines et autodidacte dans l’apprentissage de l’ornithologie, Bernard Cloutier est membre de la Société ornithologique de Lanaudière. Il est aussi animateur, guide et conférencier. Pour lui écrire: b.clou@hotmail.com

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