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Rosemère ferme sa caserne

Le Service de sécurtité incendie de Blainville assurera dorénavant la couverture du territoire de Rosemère.

Rosemère ferme sa caserne

La Ville de Rosemère a annoncé à ses pompiers, lundi en soirée, qu’elle compterait dorénavant sur les services des pompiers de Blainville pour assurer la sécurité incendie de son territoire. Une entente à cet effet a été conclue entre les deux villes.

Madeleine Leduc, mairesse de Rosemère, a parlé d’une décision mûrement réfléchie. En fait, depuis décembre 2014 que l’administration municipale cherchait des solutions pour pallier le manque à gagner qui a résulté de la décision prise en décembre 2014 par le gouvernement du Québec de couper quelque 300 millions de dollars dans les budgets des municipalités de la province.

«Nous avons alors analysé tous nos services, dont le Service de sécurité incendie, a mentionné Madeleine Leduc. Toutes les options ont été étudiées. Tout ce qu’on a pu faire, on l’a fait. Mais, à la fin, nous en sommes arrivés à la conclusion que c’est la décision qui s’imposait.»

Mme Leduc estime à 30 millions de dollars les économies qu’elle fera réaliser à ses citoyens sur une période de 20 ans, précisant en outre que Rosemère versera à Blainville 525 500 $ en 2016, 675 250 $ en 2017 et 798 775 $ en 2018 pour les services de ses pompiers. À partir de 2019, et ce, jusqu’à la fin de l’entente en 2036, la contribution financière de la Ville correspondra à celle de l’année précédente, majorée de 3,5 %.

«Cette entente, a quant à lui déclaré le maire de la Ville de Blainville, Richard Perreault, sera avantageuse pour chacune des parties. D’un point de vue budgétaire, elle nous permettra d’amortir annuellement notre investissement dans la sécurité incendie. De plus, l’expertise de nos pompiers sera exportée et valorisée.»

Meilleure couverture

Cette entente entre les deux municipalités assure la présence de pompiers en caserne 24 heures par jour, sept jours par semaine. Ainsi, promettent les parties concernées, «le temps de réponse des pompiers et la sécurité des citoyens en seront améliorés». Le Service de sécurité incendie de Rosemère opérait en effet selon un service de garde à temps partiel, ce qui signifie que 50 % du temps, aucun pompier n’était présent en caserne.

Le directeur du Service de la sécurité incendie de Blainville, Michel Chouinard, a confirmé que cette entente n’aura aucune incidence négative sur la couverture des incendies à Blainville.

«À court terme, a-t-il insisté, notre Service de la sécurité incendie ajoutera des ressources supplémentaires pour les opérations et la prévention à la caserne 7 (sud) qui desservira le territoire de Rosemère. Au besoin, l’équipe de la caserne 8 (nord) prêtera main-forte et nous pourrons également compter sur le soutien des services environnants en vertu de l’entraide intermunicipale.»

M. Chouinard a ajouté que le nombre moyen d’appels placés au Service de sécurité incendie de Blainville devrait passer de 725 à près de 1 100 par année, de là l’ajout de personnel prévu.

Blainville compte actuellement 40 pompiers permanents et 16 pompiers à temps partiel. Selon la convention collective en vigueur, ce sont ces derniers qui seront priorisés pour occuper des postes à temps plein dans un avenir rapproché.

Perte d’emplois

En vertu de cette entente, les quelque 40 pompiers qui œuvraient à Rosemère à temps partiel perdent donc leur emploi.

«Ce n’est pas avec gaieté de cœur que nous avons pris cette décision, a ajouté la mairesse de Rosemère. Cette difficile décision s’imposait, Rosemère n’ayant plus les moyens financiers d’avoir son propre service de sécurité incendie.»

Cette entente est en vigueur immédiatement et, dit-on, respecte toutes les normes et lois applicables en protection incendie au Québec, incluant le schéma de couverture de risques en incendie. En cas d’urgence, les citoyens de Rosemère continuent par ailleurs de composer le 911 afin d’obtenir l’aide des pompiers.

Le syndicat des pompiers réagit

Le Syndicat des pompiers et pompières du Québec (SPQ-FTQ) a dénoncé la décision prise par Rosemère. Il prône plutôt la fusion des unités dans le meilleur intérêt du public.

«Nous sommes en accord avec la fusion de service afin de réduire les coûts et d’uniformiser les pratiques. Toutefois, ce n’est assurément pas en procédant de façon tout à fait cavalière et en fermant carrément le service à Rosemère que l’on assure la sécurité du public et l’amélioration de nos pratiques. L’attitude de la Ville de Rosemère est non seulement déplorable, mais complètement irresponsable», a lancé le président du SPQ-FTQ, Daniel Pépin, avant d’indiquer que de laisser le territoire aux pompiers de Blainville, n’est pas l’idéal.

«Nous réitérons que la meilleure façon de procéder est la fusion de services sous forme de régies intermunicipales. Le modèle développé en ce moment par les municipalités de Roussillon-Sud, en Montérégie, doit être privilégié aux fermetures sauvages comme celle de Rosemère.»

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