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Procès Boisbriand: la collusion bien enracinée

Appelée à témoigner au procès de Roche, mardi dernier, au palais de justice de Saint-Jérôme, l’ancienne mairesse Sylvie St-Jean avoue avoir poursuivi le système d’octroi de contrats établi par son prédécesseur, Robert Poirier, qui favorisait les firmes d’ingénierie contribuant régulièrement à la caisse électorale du parti Solidarité Boisbriand.

Interrogée par la procureure de la Couronne, Nicole Martineau, Mme St-Jean a souligné qu’à son arrivée comme mairesse intérimaire, en juillet 2005, elle ne connaissait pas d’autres firmes d’ingénierie à Boisbriand que Roche, BPR Triax et le Groupe Séguin. L’administration municipale de Boisbriand faisait déjà appel à ces firmes et celles-ci se montraient présentes à chacune des activités de financement organisées par l’ancien maire, Robert Poirier, qu’elle-même a continué à tenir. «On pouvait compter sur elles», a stipulé Mme St-Jean.

Questionnée sur ses liens avec France Michaud, l’ex-présidente de la firme Roche, Mme St-Jean a confirmé qu’elles entretenaient une correspondance régulière en plus de manger régulièrement ensemble pour parler de subventions, mais aussi de sujets d’ordre privé puisque aux dires de l’ancienne mairesse, elles étaient devenues amies au fil du temps.

Élue mairesse au suffrage universel en novembre 2005, avec trois membres sa formation, Solidarité Boisbriand, Mme St-Jean s’est toutefois retrouvée minoritaire à la tête de son parti, ce qui a entraîné certains changements.

Lors de la séance du conseil municipal du 2 mai 2006, il a été décidé, par voie de résolution, que les firmes Dessau-Soprin, Génivar et Projeco associés seraient dorénavant invitées à soumissionner pour les contrats de 25 000 $ à 100 000 $.

Mercredi, c’était au tour de Michel Lacasse, directeur général de la Ville de Boisbriand, de 2003 à 2010, à prendre place à la barre des témoins afin d’expliquer le modus operandi dans l’octroi des contrats. Longuement interrogé par la procureure de la Couronne, Me Brigitte Bélair, celui-ci a affirmé que les directives qu’il recevait provenaient souvent du bureau du maire, du moins à l’époque de Robert Poirier. «Des directives qui pouvaient aller jusqu’à l’orientation des contrats», a-t-il mentionné.

Les petits contrats de moins de 25 000 $ pouvaient être accordés de gré à gré, alors que ceux de 25 000 $ à 100 000 $ étaient ouverts aux soumissions de firmes invitées, a laissé savoir Michel Lacasse. La firme retenue était choisie par le comité de sélection dont les membres, André Paré, Jean-Guy Gagnon, Michel Théroux, avaient été préalablement désignés par le maire Poirier.

La firme devait obtenir au moins 70 points en vertu d’une grille d’évaluation et de pondération, dont 25 points sur l’expérience dans la ville et ses connaissances du territoire boisbriannais, ce qui désavantageait au départ tout firme moins connue par la Ville.

M. Lacasse a confirmé que Roche, BPR Triax et le Groupe Séguin, dans une moindre mesure, étaient les firmes privilégiées à l’époque du maire Poirier. Il a d’ailleurs souligné sa réaction de surprise, un jour, lors d’une réunion, alors qu’il l’a entendu prononcer de manière explicite le nom de Roche pour un contrat entourant le développement du Faubourg Boisbriand.

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