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Plus de 200 citoyens présents pour entendre Équiterre: Steven Guilbeault soulève d’importantes questions sur Enbridge

«Contrairement à Enbridge

Plus de 200 citoyens présents pour entendre Équiterre: Steven Guilbeault soulève d’importantes questions sur Enbridge

Plus de 200 citoyens inquiets se sont pointés au complexe Val-d’Espoir, dans le secteur de Saint-Janvier, à Mirabel, mardi soir dernier, afin d’entendre ce que le porte-parole d’Équiterre, Steven Guilbeault, avait à dire sur le projet d’inversion du flux de la ligne d'oléoduc 9b que la pétrolière Enbridge souhaite réaliser en vue d’acheminer le pétrole de l’Alberta vers Montréal.

Retenu à Toronto, c’est par le truchement de la vidéoconférence que Steven Guilbeault a participé à la soirée, ce qui ne l’a cependant pas empêché de renseigner l’assistance ni de répondre à ses questions.

L’idée que le pétrole albertain tiré des sables bitumineux alimente majoritairement les deux raffineries québécoises le préoccupe. Ce pétrole, rappelle-t-il, contient beaucoup de matières en suspension, dont des grains de sable. Pour le nettoyer, les raffineurs utilisent le «bensen», un produit chimique jugé toxique et même cancérigène.

Quant à la pétro-économie, il n’est pas convaincu que la Belle Province en tire un réel avantage si elle est menée par les pétrolières albertaines. Selon lui, l’industrie pétrolière rapporte 18 M$ par année, rien qu’au Québec. Or, cette manne ne reste pas en totalité ici. «Si l’on importe le pétrole de l’Alberta, on va peut-être augmenter la part du Québec, de dire Steven Guilbeault, mais pas tant que ça.» C’est Ottawa qui en bénéficiera, croit-il, pas le Québec ni les autres provinces.

Pour lui, le véhicule électrique reste encore la meilleure alternative, puisqu’il suffirait tout simplement de le recharger à des points de service, ce qui permettrait des économies rapides dès sa mise en place.

Mais d’ici là, Enbridge aura eu le temps d’installer son oléoduc âgé de 40 ans et Équiterre s’inquiète des éventuels déversements. Selon Geneviève Puskas, elle aussi d’Équiterre, le pétrole provenant de l’étranger, plus léger, est plus facile à acheminer que celui tiré des sables bitumineux à la consistance sirupeuse, ce qui peut causer des problèmes à la tuyauterie même après avoir été liquéfié avec le «bensen».

Mme Puskas soutient qu’au moins 61 accidents sont survenus aux oléoducs d’Enbridge au cours de la dernière année. Peut-être pas aussi énormes que le déversement au Michigan en 2010, convient-elle, mais pas moins inquiétants, Enbridge n’ayant pas encore terminé le nettoyage du déversement survenu à Kalamazoo, trois ans plus tôt.

Après avoir encouragé les gens à signer leur pétition exigeant une étude sur l’impact environnemental à l’arrivée du pipeline 9b, l’équipe d’Équiterre a laissé la parole aux citoyens.

Plusieurs questions ont été soulevées sur le plan d’intervention d’Enbridge et sur la capacité d’intervention des municipalités situées sur la ligne 9b. D’ailleurs, les 10 000 $ offerts à quelques-unes d’entre elles par Enbridge, pour la formation de premiers répondants ou l’achat d’équipement, en laissent plus d’un perplexe sur l’utilisation réelle qu’elles ont fait de cet argent.

Présent à la soirée, le conseiller municipal Pierre-Paul Meloche a répondu tant bien que mal que l’argent reçu par le maire Meilleur n’était pas «récurrent». Pour d’éventuels déversements, «un plan a été préparé, sauf que s’il y a du nettoyage à faire, il faut que la compagnie intervienne. Nous, on n’a pas l’équipement qu’il faut pour cela», a-t-il admis.

Bref, l’assistance n’est pas ressortie de l’assemblée bien rassurée sur les intentions d’Enbridge.

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