- PUBLICITÉ -
Guy Benedetti, Rosemère, OIQ, Conseil discipline, collusion

Ordre des ingénieurs du Québec: le DG de Rosemère devant le Conseil de discipline

Le directeur-général de la Ville de Rosemère, Guy Benedetti, était convoqué par le Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), le mercredi 17 janvier, pour sa participation présumée à «un système permettant de contourner le processus d’appel d’offres», alors qu’il occupait le poste de directeur générale de la Ville de Longueuil, entre 2005 et 2012.

La plainte déposée par le syndic de l’OIQ, représenté par Réal R. Giroux, suggère que M. Benedetti «a fait défaut de s’acquitter de ses obligations professionnelles en recourant ou en se prêtant à des procédés malhonnêtes ou douteux, soit en tolérant un système de partage de contrats permettant de contourner le processus d’appel d’offres de la Ville de Longueuil». Ce faisant, peut-on également lire dans la plainte déposée mercredi dernier, M. Benedetti aurait manqué d’intégrité et porté ombrage à la profession, contrevenant ainsi au Code de déontologie des ingénieurs et au Code des professions.

Depuis lundi, sous la plume de Christopher Nardi, le Journal de Montréal a publié une série d’articles dévoilant l’existence, à Longueuil, d’un système de collusion qui aurait profité à cinq firmes de génie pendant dix ans. Le Journal rapportait également que l’ex-directeur du génie à la Ville de Longueuil, Christian Fallu, avait témoigné devant la même instance, la veille, à l’effet que son patron (Guy Benedetti) lui avait demandé, en 2009, de favoriser une firme plutôt qu’une autre dans l’octroi d’un contrat. M. Fallu ajoutait que son refus d’obtempérer lui avait alors valu une rétrogradation.

Mercredi, M.Benedetti a plaidé non coupable et son avocat, Me Louis Coallier, a présenté les requêtes suivantes: demande en rejet et en arrêt des procédures pour délai déraisonnable et pour prescription; demande en rejet d’une plainte disciplinaire pour imprécision; et de façon subsidiaire, demande pour obtenir des précisions.

À l’OIQ, on précise que ces requêtes ont été prises en délibéré et que le Conseil de discipline dispose désormais d’un délai de 90 jours pour se prononcer.

Appel à la prudence

Au lendemain de la comparution de M. Benedetti, le maire de Rosemère, Eric Westram, déclarait que son administration défendait et valorisait le principe de la présomption d’innocence et que, par conséquent, M. Benedetti bénéficiait toujours de sa confiance et de celle du conseil municipal, jusqu’à preuve du contraire.

«Nous devons être très prudents dans ce dossier. Nous ne pouvons présumer de rien. Ni dans un sens, ni dans l’autre», indiquait le maire Westram dans une déclaration écrite qu’il nous faisait parvenir, ajoutant que son administration se préoccupait d’abord et avant tout de préserver l’intérêt des Rosemèrois. «Nous avons pour principe la tolérance zéro en matière d’intégrité et nous nous assurons du respect de notre code d’éthique à tous les niveaux» de renchérir le maire de Rosemère.

«Nous travaillons avec le directeur général depuis notre entrée en poste, le 5 novembre dernier, et je peux assurer la population rosemèroise que nous n’avons pas été témoins d’aucune irrégularité. Il n’y a rien qui porte à croire que le directeur général aurait enfreint son code de déontologie comme ingénieur dans l’exercice de ses fonctions, ici à Rosemère. Nous suivrons l’évolution du dossier de jour en jour et nous prendrons les décisions qui seront appropriées dans la situation qui nous sera présentée. Nous devons maintenant attendre le dénouement du processus enclenché par l’ordre des ingénieurs du Québec», a conclu Eric Westram.

Rappelons que Guy Benedetti est entré en fonction le 14 mars 2016, à Rosemère, après son embauche par l’administration de l’ex-mairesse Madeleine Leduc. Outre Longueuil, il a aussi œuvré à la direction générale des municipalités de Saint-Hubert et Saint-Bruno de Montarville.

- PUBLICITÉ -

La dernière édition

- PUBLICITÉ -
Top