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Une trentaine de syndiqués ont manifesté devant le Centre d’hébergement de Saint-Eustache. (Photo Benoît Bilodeau)

Julie Daigneault, présidente de la FIQ-SPSL. (Photo Benoît Bilodeau)

On réclame des ratios plus sécuritaires en soins/patients

Dans les CHSLD de la région

Toujours en négociations avec le gouvernement du Québec pour le renouvellement de leur convention collective via la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) dont ils font partie, une trentaine de membres du Syndicat des professionnelles en soins des Laurentides (FIQ-SPSL) ont manifesté, le vendredi 23 octobre dernier, devant le Centre d’hébergement de Saint-Eustache en faveur de la mise en place de ratios sécuritaires pour les professionnelles en soins/patients.

S’ils l’ont fait à cet endroit, c’est que celui-ci est considéré comme l’un des pires centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) en la matière dans la région des Laurentides, selon à tout le moins un palmarès dévoilé le mercredi précédent par la FIQ.

En tout, pour chacun des 306 CHSLD du Québec, publics et privés, où ses membres travaillent, la FIQ dit avoir pris une «photographie des ratios en CHSLD du 1er au 18 septembre dernier», à savoir une moyenne des ratios des professionnelles en soins/patients faite sur les trois quarts de travail. Selon les résultats obtenus, des codes de couleurs illustrant le niveau de dangerosité des conditions de travail, allant de moins problématique à très dangereux, ont été établis pour chacun des centres d’hébergement.

Dix-sept centres d’hébergement ciblés

Pour la région des Laurentides, 17 établissements sont ainsi répertoriés, avec en tête de liste le Centre d’hébergement de Saint-Eustache en termes de dangerosité (très dangereux +++). Selon les chiffres fournis, trois infirmières auxiliaires (1/64) et deux infirmières (1/97) étaient alors en poste pour le quart de nuit (de minuit à 8 h) pour 194 patients.

Selon la FIQ-SPSL, le taux de ratio idéal varie entre 37 et 44 patients, lors d’un quart de nuit, dans le cas d’une dyade composée d’une infirmière auxiliaire et d’une infirmière qui, chacune, ont des tâches différentes à exécuter. Ce ratio est, le jour, de 20 à 27 patients pour une dyade de même type.

D’autres établissements des Basses-Laurentides figurent également dans le palmarès de la FIQ, à savoir:

le Centre d’hébergement de Saint-Benoît (dangereux ++) avec une infirmière auxiliaire (1/74) et une infirmière (1/74) pour 74 patients la nuit;

le Centre d’hébergement de Blainville (dangereux ++) avec trois infirmières auxiliaires (1/32), une infirmière (1/96), ainsi que la présence d’une assistante-infirmière-chef, pour 96 patients la nuit;

le Centre d’hébergement Drapeau-Deschambault (dangereux ++) avec trois infirmières auxiliaires (1/44), une infirmière (1/132), ainsi que la présence d’une assistante-infirmière-chef, pour 132 patients la nuit ;

et le Centre d’hébergement Hubert-Maisonneuve (dangereux ++) avec une infirmière auxiliaire (1/168), deux infirmières (1/84), ainsi que la présence d’une assistante-infirmière-chef pour 168 patients, la nuit.

Des chiffres qui font dire à la présidente de la FIQ-SPSL, Julie Daigneault, que «cela prend des ratios sécuritaires pour le personnel en soins patients. Le gouvernement ne veut pas vraiment les mettre dans notre convention collective. C’est inadmissible! Comment voulez-vous qu’on soigne les patients de façon humaine?».

Celle-ci ajoute que de tels ratios entraînent «une surcharge de travail qui ne permet pas de garantir des soins de qualité et sécuritaires pour la population».

Un palmarès contesté

Pour sa part, l’Association des établissements privés conventionnés (AEPC) a tenu à contester ce palmarès de la FIQ, disant que, «après vérifications, les données rapportées dans le tableau pour les CHSLD privés conventionnés sont en très grande majorité erronées et inférieures à la réalité

L’AEPC, un regroupement de 30 propriétaires-gestionnaires qui dirigent 59 installations (57 CHSLD et 2 centres de réadaptation, incluant une unité de soins palliatifs), se dit, enfin, «préoccupée» par les effets négatifs que ce palmarès peut avoir auprès de la population.

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