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« On ne veut plus que Blainville soit la poubelle du Québec »

« On ne veut plus que Blainville soit la poubelle du Québec »

Publié le 26/10/2023

L’enfouissement des déchets dangereux sur le territoire de Blainville continue à préoccuper les citoyens, qui se sont pointés nombreux lors de la séance du conseil municipal du 17 octobre afin de presser la mairesse Liza Poulin de se positionner publiquement contre la poursuite de l’exploitation de la cellule 6, située à proximité de quartiers habités.

La résiliation de l’entente de vente entre la Ville et Stablex a évidemment fait bien des heureux parmi la population blainvilloise. La plupart des citoyens qui se sont présentés au micro lors de la période de questions n’ont pas manqué de féliciter la mairesse Poulin de cette décision attendue.

Mais voilà, elle doit aller plus loin, selon eux, dans le processus puisque l’enfouissement de déchets dangereux se poursuit dans les cellules 5 et 6 au grand dam des citoyens qui n’ont surtout pas envie que Blainville soit reconnue comme « la poubelle des déchets inorganiques ».

La mairesse en réflexion

« Pour le moment, ma réflexion est nuancée. J’attends de connaître la position du ministre de l’Environnement», a signalé la mairesse Liza Poulin, répétant sa réponse à plusieurs reprises.

Les citoyens venus s’exprimer au micro n’en étaient pas à leur première sortie publique. La plupart d’entre eux étant membres de la Coalition des citoyens de Blainville contre la cellule #6 de Stablex s’expriment sur les réseaux sociaux et ont récemment organisé une manifestation en vue de sensibiliser leurs concitoyens et décideurs régionaux de mettre fin à l’enfouissement de déchets dangereux. 

Soutien du BAPE

C’est que les récentes recommandations du BAPE leur ont donné raison.

« On ose espérer que le ministre de l’Environnement (Benoit Charrette) va suivre les recommandations du BAPE et interdire le nouveau précédé d’enfouissement. On ne veut pas d’un simple déménagement de cellule, comme on l’a mentionné au BAPE », a indiqué le citoyen Normand Beaudet.

Il a été question que Stablex utilise la lixiviation, nouveau procédé sensé empêcher la fuite hors des cellules. « S’il faut faire ça pour l’éternité, on a de sérieux enjeux. Est-ce que ce procédé est encore souhaitable en zone urbanisée et en amputant une tourbière ? », a lancé le citoyen Beaudet, qui espère du coup une réflexion de l’administration municipale.

Inquiétudes

En fait, le mouvement citoyen s’inquiète du procédé de stabilisation, qui neutraliserait les déchets en les rendant non dangereux afin de pouvoir être enfouis. 

 «On a démontré de façon claire et nette que les déchets restent dangereux malgré le procédé de stabilisation», a souligné M. Beaudet. 

Pas loin d’une dizaine de citoyens ont suivi l’intervention du citoyen Beaudet, allant dans le même sens que lui. 

Martine Ouellet s’en mêle

Même l’ex-politicienne Martine Ouellet est venue mettre son grain de sel à la cause de la Coalition des citoyens de Blainville, invitant la mairesse Poulin à prendre position contre l’utilisation de l’ancienne cellule 6, en remplacement de la nouvelle cellule 6. 

« Il serait important d’exercer votre pouvoir d’influence. L’ancienne cellule 6 ne peut pas être exploitée sans la décision du ministre Charrette, donc de faire connaître votre position va faire une grosse différence », a souligné Mme Ouellet. 

Mme Ouellet demande aussi à l’administration Poulin de suspendre l’importation de déchets toxiques, de trouver un autre site que Blainville et de demander au ministre Charrette une vaste étude sur le terrain, suivie d’une décontamination complète su terrain, si les résultats l’exigent.

Mme Poulin rétorque

Interrogée après la séance du conseil municipal, Mme Poulin y est allée de ses commentaires, mentionnant au passage que le ministre Charrette avait déjà reçu une lettre de sa part. 

« Une lettre a été envoyée au ministre de l’Environnement, rappelant certains éléments du mémoire déposé par la ville, notamment au niveau de la surveillance du MELCCFP, de la gestion post-fermeture des cellules, de l’impact des changements climatiques sur les procédés », dit-elle.

« Nous trouvons pertinent la recommandation de la commission que le ministère responsable de l’environnement réalise un état des lieux sur la gestion des matières résiduelles dangereuses au Québec, qui aboutirait sur l’adoption d’un plan d’action en matière de réduction et de gestion des MDR en tenant compte de l’évolution des réalités et préoccupations territoriales et environnementales », a précisé la mairesse Poulin.