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Offrir son ovule par compassion: un don de soi vraiment pas comme les autres

Un garçon et une fille sont nés des dons d’ovules consentis par Anne.

Offrir son ovule par compassion: un don de soi vraiment pas comme les autres

Elle se nomme Anne (nom fictif), elle a 27 ans, et elle est mère de deux enfants âgés de 8 et de 5 ans et demi. Cette célibataire, en apparence identique à bien d’autres jeunes de son âge, s’est prêtée, au cours des deux dernières années, à un exercice de bienfaisance que peu sont capables de relever.

Par deux fois, Anne a offert ses ovules à des couples infertiles. Dans le premier cas, elle n’a demandé aucune rétribution, dans le second, elle a souhaité un voyage à Walt Disney pour elle et ses deux enfants. Portrait d’un don de soi vraiment pas comme les autres.

Le visage souriant, de longs cheveux bruns étalés sur ses épaules, Anne répond patiemment aux questions qui lui sont posées. Cette décision de prendre part à un tel projet, elle le doit un peu à sa meilleure amie, alors prise dans un tourbillon de recherche pour trouver un donneur de sperme.

«J’ai pris conscience à quel point ce n’était pas facile pour elle de trouver un donneur. Étant moi-même mère de deux enfants en pleine santé, j’ai voulu redonner à mon tour ce que j’avais reçu. J’ai décidé d’offrir mes ovules», explique-t-elle avec simplicité.

Un premier pas

C’est comme ça qu’elle fait la connaissance d’un premier couple, des Montréalais vivant sur le Plateau. Le courant passe bien entre eux et, rapidement, Anne se soumet à tous les protocoles médicaux pendant plusieurs semaines. Une petite fille naîtra de ce don d’ovules.

«Non, je n’ai aucun attachement envers l’enfant, pas du tout. Je ne l’ai pas porté, cet enfant. Pour moi, l’attachement envers un enfant se fait pendant la grossesse», affirme la jeune femme.

Épaulée par son conjoint de l’époque, Anne a également bénéficié du soutien de ses proches. «La plupart des gens ont compris cette action sans vraiment la comprendre», ajoute-t-elle.

Mais ne donne pas ses ovules qui veut. En plus d’avoir à passer une kyrielle de tests physiques, il faut s’assurer, auprès d’un psychologue, que l’on est assez mûre pour faire ce don.

Matisse et Mégane

Quant au second couple, formé cette fois-ci de Matisse et de Mégane (NDLR: voir le dossier Un bébé à tout prix paru dans le Nord Info du 24 mars 2012), un premier contact se fait via le Web. «Par la suite, nous nous sommes rencontrés, et ça a cliqué tout de suite», raconte Anne.

Si elle se sent parfois traitée comme une marchandise par des couples désireux d’avoir un enfant, Matisse et Mégane sont du type plutôt respectueux. «Ils sont tellement amoureux. Ils feront de très bons parents», note la jeune femme.

Affichée sur des sites où l’on vend parfois ses ovules au plus offrant, la jeune femme a reçu près de 50 demandes de couples infertiles. Contrairement à ce qui est parfois véhiculé, c’est Anne qui choisit les parents, et non le contraire.

«J’ai reçu des demandes provenant de la France, de Bruxelles, mais c’était hors de question que je me déplace là-bas. Une demande que j’ai refusée? Celle d’un couple qui souhaitait aller vivre au Maroc sitôt la femme enceinte. J’ai refusé. Je trouvais que la vie était trop différente là-bas pour un enfant.»

(À suivre…)

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