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Mises à pied chez Bombardier: les réactions fusent

Le retard dans la mise en marché des avions de type CSeries explique en partie les mises à pied annoncées par Bombardier cette semaine.

Mises à pied chez Bombardier: les réactions fusent

L’annonce des mises à pied massives chez les employés de Bombardier a créé une onde de choc dans la communauté mirabelloise. Les élus et décideurs publics n’ont pas mis beaucoup de temps à réagir.

Bien que la direction refuse de dévoiler le nombre exact de postes coupés à son usine de Mirabel, on sait qu’ils se chiffrent à 1 100 si l’on combine l’usine des Basses-Laurentides et celle de Montréal. Les derniers licenciements remontaient à 2009‑2010, où l’on avait sacrifié 2 450 salariés dans les deux usines.

Cette fois‑ci, Bombardier Aéronautique coupe des postes de travailleurs d’usine, mais aussi des ingénieurs, des employés aux ventes, au service après-vente et au soutien.

La raison de ces mesures? En 2013, Bombardier Aéronautique a enregistré une baisse de près des deux tiers dans ses commandes d’avions de modèles CRJ et Q400, au profit de la concurrence. Les avions de type CSeries ont également pris du retard dans leur mise en marché, ce qui a causé des pertes financières de centaines de millions de dollars.

Si le développement en dents de scie caractéristique de l’industrie de l’aéronautique est bien connu, ces soudaines mises à pied n’en surprennent pas moins les décideurs et élus régionaux.

C’est notamment le cas de la députée de Mirabel, Denise Beaudoin, qui avait pris part, en novembre dernier, à l’usine de Mirabel, à l’annonce d’un investissement de 4 M$ de son gouvernement dans la formation de la main-d’œuvre chez Bombardier.

«J’ai été très surprise en apprenant cela. J’ai relu la nouvelle deux fois. Je ne m’attendais pas à cela. Surtout après l’annonce de l’automne. On ne sentait pas cela. L’aéronautique, c’est un fleuron. Mais dans le domaine de l’aéronautique, il y a des hauts et des bas», affirme Mme Beaudoin.

Elle se dit toutefois confiante que la situation ne perdurera pas. Ce n’est pas une fermeture d’usine, précise-t-elle: «Ce sont des contrats retardés. Moi et mon gouvernement, on va suivre cela de très près. Ce n’est pas une bonne nouvelle, les travailleurs sont inquiets, mais il y a de l’espoir que ça se rétablisse.»

La députée fédérale des Mille‑Îles, Laurin Liu, tout comme celle d’Argenteuil-Papineau-Mirabel, Mylène Freeman, tient pour sa part à offrir son soutien aux employés et aux sous-traitants touchés par cette décision qu’elle déplore. «C’est une très mauvaise nouvelle, particulièrement pour l’économie des Basses-Laurentides et pour l’industrie aérospatiale québécoise en général. Cette décision soulève de nombreuses questions concernant le manque d’appui du gouvernement conservateur à cette industrie», a fait savoir, pour une, la députée Laurin Liu.

Ces pertes d’emplois, de souligner la députée Liu, illustrent l’échec de la politique de développement de l’industrie aérospatiale des conservateurs qui tardent à implanter les recommandations du rapport Emerson sur l’aérospatiale. Mme Liu assure qu’elle rencontrera les représentants des employés affectés et mettra ses ressources à leur disposition.

Jean-Luc Riopel, directeur général du Centre local de développement (CLD) de Mirabel, dit comprendre la décision prise par la direction de Bombardier. «Bombardier veut garder toutes ses capacités financières pour concrétiser le projet CSeries. Ce n’est pas une nouvelle des plus intéressantes, mais c’est un recul pour mieux sauter. Ç’aurait été différent si on nous avait annoncé qu’on lançait la serviette, qu’il n’y avait plus de CSeries», a‑t‑il expliqué.

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