- PUBLICITÉ -
COVID-19, mise à jour 29 mai 2020, Québec, Laurentides

Les professionnelles et techniciennes «au bord de l’épuisement»

Horaires chamboulés, vacances refusés

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui représente quelque 3800 travailleurs de la santé de la région, affirme que les «dérives administratives» du CISSS des Laurentides mènent ses membres «au bord de l’épuisement».

Le CISSS des Laurentides, soutient Chantal Daoust, présidente de la section des Laurentides pour l’APTS, profite des pouvoirs extraordinaires qui lui sont offerts par les arrêtés ministériels décrétés dans le cadre de la crise sanitaire actuelle pour revoir l’organisation du travail de nombreux services, modifier les horaires du personnel et refuser tout congé ou vacances.

«Le CISSS des Laurentides ne fait preuve en tant qu’employeur d’aucun ménagement à l’égard des salariés, les déplace et réaménage les horaires comme s’ils et elles n’étaient que des numéros, sans que ce soit justifié ou justifiable», dit-elle avant d’ajouter en avoir assez «du double discours» que l’on entend depuis le début de la crise.

«En public, dénonce Mme Daoust, le premier ministre Legault et la ministre McCann soutiennent que le rôle des salarié·e·s du réseau de la santé et des services sociaux est essentiel, mais la réalité est toute autre !»

Soins à domicile la fin de semaine

Sous prétexte de vouloir être équitables envers tous les employés du CISSS, s’insurge la représentante de l’APTS, les gestionnaires ont procédé à une révision de l’offre de services en soutien à domicile, en soutien à l’autonomie des personnes âgées ou encore en centre jeunesse. Malgré les démarches effectuées par le syndicat auprès de la direction des ressources humaines, l’employeur, indique Chantal Daoust, refuse d’entendre raison et d’accorder du répit aux personnes salariées n’étant pas actuellement affectées à lutter contre le coronavirus.

«Comment le CISSS peut-il justifier de demander au personnel d’offrir du soutien à domicile la fin de semaine en contexte de pandémie alors que ça ne s’est jamais fait auparavant et que les ressources communautaires, les services de prêt d’équipement ainsi que les organismes partenaires sont fermés?», se questionne la présidente de l’APTS Laurentides.

Les professionnelles et les techniciennes du réseau sont prêtes à être sur la ligne de front pour combattre la pandémie, mais pas à n’importe quel prix

«Encore faut-il ménager nos troupes jusqu’au moment où l’on aura besoin de renforts. À vouloir traiter tout le personnel équitablement, le CISSS ne va réussir qu’à épuiser toute sa main-d’œuvre équitablement».

Pas nouveau

Au CISSS des Laurentides, Mélanie Laroche, agente aux communications, nous répond que l’offre de soutien à domicile la fin de semaine ne date pas du contexte de pandémie et que donc, des employés effectuaient déjà du soutien à domicile la fin de semaine. L’objectif visé est de maintenir des usagers dans leur milieu de vie en leur offrant les soins et services adéquats.

«Le soutien à domicile avant la pandémie, répond Mme Laroche, était principalement offert par le personnel de soins infirmiers et d’assistance à la personne. Nous demandons aux employés du soutien à domicile de prêter main forte aux domiciles des personnes vulnérables. Cela inclut les milieux de vie privés tels que RI-RPA dont ceux qui peuvent avoir des cas de COVID-19.»

De plus, ajoute la porte-parole du CISSS des Laurentides, il est à noter que des actions ont été posées, au cours des dernières semaines, afin de corriger les situations pour les endroits où l’application de la mesure se trouvait sans valeur ajoutée.

Le CISSS répète par ailleurs qu’il ne cherche pas à abuser du pouvoir qui lui est octroyé par Québec.

«Nous prenons les décisions nécessaires afin de desservir adéquatement la population», conclut Mélanie Laroche.

- PUBLICITÉ -

La dernière édition

- PUBLICITÉ -
Top