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Les erreurs de Jean Paquette

Photo Michel Chartrand

Les erreurs de Jean Paquette

Entrevue exclusive

(NDLR: Il a été reproché, entre autres, à Jean Paquette de se servir de son titre d'attaché politique pour supposément flouer des investisseurs. L’assemblée des créanciers, prévue le 16 août prochain, devrait se dérouler sous la gouverne du Bureau du surintendant des faillites (BSF) qui mène actuellement une enquête. Ce sont eux qui devront déterminer de quelle façon le débiteur, en l’occurrence M. Paquette, a emprunté et obtenu les fonds mentionnés dans son bilan.)

Jean Paquette, cet ex-attaché politique du député de Groulx actuellement sous enquête par la Sûreté du Québec, a déclaré, lors d’une entrevue exclusive accordée au journal le Nord Info, avoir remboursé plusieurs personnes.

Néanmoins, le fait qu’il ait œuvré au noir empêcherait désormais des gens de témoigner en sa faveur.

«Tout ce que j’ai fait était au noir. Tout. (NDLR: exemple) Je t’emprunte 5 000 $, mais c’est comptant. Il y en a quelques-uns qui ont fait des chèques, mais en règle générale, c’est toujours comptant», confie-t-il.

Admettant ne pas avoir le droit de faire ça, il continue en affirmant admettre son erreur bien que tout le monde était au courant.

Les prêts

Les prêts que Jean Paquette offrait aux gens s’assujettissaient d’un taux d’intérêt de 30, 36 %, remboursables sur une période allant de 1 an à 3 ans.

«C’est comme ça que je prêtais l’argent. Mais là, à un moment, tu ne me payais pas. Toutefois quand tu ne me payes pas, il faut que je paye l’autre. C’est moi qui sortais l’argent pour pouvoir avancer ce que tu ne me payais pas. En général, j’avais assez de prêts pour te payer à un moment donné.»

À la question: Est-ce que vous empruntiez sur d’autres prêts pour payer? Jean Paquette a déclaré:

«C’est illégal ça. Emprunter à quelqu’un pour rembourser… Malgré que j’avais pas eu le choix de le faire, c’est ce que les gens appellent la pyramide de Ponzi. Emprunter à un pour rembourser l’autre. Est-ce que je l’ai fait? Oui, je l’ai fait. À 4 ou 5 reprises, pas tout le temps.»

L’appât du gain

Confessant que c’est l’appât du gain qui l’a mené si haut, l’homme ajoute regretter maintenant.

«Je regrette d’avoir été aussi fort que ça et d’avoir été aussi haut dans les prêts. Toujours en pensant que je vais réussir, c’est l’appât du gain, on veut faire gagner de l’argent. Sauf que tu n’es pas tout seul, tu embarques du monde avec toi. J’ai tout fait, j’ai joué avec l’argent, j’ai tout fait pour essayer de le récupérer. Présentement, je vis une sentence ou je n’ai pas été jugé encore. Pourquoi j’ai fait ça? Pour faire des sous, de l’argent. Tout le monde qui a décidé d’embarquer avec moi l’ont fait parce qu’ils voulaient faire de l’argent. Je n’ai pas demandé aux gens de venir me voir.»

Plus payant que la banque

Le taux d’intérêt qu’offrait Jean Paquette à ses clients se situait à 24 %.

«Je demandais 5 000 $ parce que je remboursais seulement les intérêts à tous les mois. Ils recevaient 100 $. Après 12 mois, ils avaient 1 200 $ en intérêts plus leurs 5 000 $; 8 600 $ au terme de 36 mois. Pas mal plus payant qu’avec la banque», d’avouer ce dernier.

Réseau

Expliquant la manière dont il a réussi à monter son réseau, Jean Paquette prétend que le nom de chaque prêteur demeurait confidentiel. Cependant, les propos suivants apportent un bémol.

«Cependant, si une personne me référait quelqu’un, c’est sûr que tu m’avais prêté de l’argent parce que tu me l’avais référé. Parce que c’est comme ça que j’ai monté mon réseau. Ils me prêtaient à moi pour que je prête aux autres. Je m’attends à payer très cher à cause de ça, et déjà je paye très cher.»

Visiblement exténué, l’homme a terminé l’entrevue dans ces mots:

«J’en ai dit trop pareil. J’en ai dit assez pour me caler. Mais ça ne me dérange plus, je suis fatigué. J’ai hâte que tout soit fini. Si ça pouvait se finir demain, je serais tellement heureux. Qu’on passe à d’autres choses.»

VOIR AUTRE TEXTE: ACTUELLEMENT SOUS ENQUÊTE, JEAN PAQUETTE SE CONFESSE

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