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Nathalie Bouyer, présidente du SEBL.

Les enseignants sont inquiets

Retour en classe

Au moment où le premier ministre François Legault présente son plan de réouverture des écoles, la présidente du Syndicat des enseignants des Basses-Laurentides (SEBL), Nathalie Bouyer, parle au nom de ses quelque 4800 membres lorsqu’elle affirme qu’un climat d’inquiétude règne dans le milieu scolaire.

«Beaucoup d’élèves et d’enseignants ont hâte de revenir en classe, mais il faut faire les choses vites et bien. Et ici, c’est surtout au «et bien» qu’il faut s’attarder», dit-elle avant d’ajouter être en faveur d’un retour à l’école. Toutefois, insiste-t-elle, celui-ci doit se faire dans des conditions sécuritaires pour les enfants et les enseignants.

«Il faut aussi penser aux familles des enseignants et des élèves. On ne peut pas rester confiné pendant des années, mais en même temps, il importe d’assurer leur sécurité», mentionne la présidente du SEBL, précisant qu’il pourrait s’avérer difficile, par exemple, de faire respecter la consigne de distanciation sociale.

«Est-ce que nous serons capables de garantir les deux mètres de distance entre enfants ? Est-ce qu’il y aura suffisamment de savon pour se laver les mains ? Y aura-t-il du gel antiseptique à l’entrée des classes ? Fourniront-ils des masques aux enseignants et aux élèves ?», se questionne Nathalie Bouyer, convaincue qu’un retour précipité sur les bancs d’école n’est pas la meilleure solution.

«Je ne suis pas une experte en santé publique, loin de là, mais pensez aux autobus, à la récréation, la cafétéria. Pensez à des enfants de 5 ans qui n’ont pas vu leur prof depuis des semaines et qui voudront lui sauter dans les bras. Va-t-on mettre des plexiglas autour des bureaux des enseignants ?»

Des profs imaginatifs

Depuis la fermeture des écoles, le 13 mars, les enseignants des écoles primaires et secondaires de la région, tout comme ceux des cours aux adultes, redoublent d’imagination afin de garder leurs élèves sur leurs gardes, prêts à être instruits. Vidéo-conférence, cours donnés par Internet, envois par courriel, appels, etc., chacun y va de ses propres initiatives.

«Les profs sont extraordinaires. Ils ont dû se revirer sur un dix cennes», mentionne Mme Bouyer qui ne peut en outre s’imaginer une école de demain sans la présence d’élèves en classe, dans certains domaines d’études, en tout les cas.

«Certains élèves n’ont pas d’ordinateur ou d’accès à une connexion Internet assez puissante pour assister à une vidéo-conférence. Dans d’autres domaines, dans les centres de formation professionnelle, en automobiles, entre autres, je ne vois pas un élève apprendre à monter un moteur par vidéo».

Les enseignants ont hâte de retrouver leur vie normale d’enseignants, mais pas à n’importe quel prix. Certains vivent en maison intergénérationnelle ou avec des proches malades de qui ils doivent s’occuper. Advenant un retour en classe, ils veulent une garantie du gouvernement que la santé de leurs proches ne sera pas mise en danger.

«Je peux avoir envie de revoir mes élèves et en même temps être inquiet pour ma santé et celle de mes proches. Un n’est pas en contradiction avec l’autre», a conclu Nathalie Bouyer.

Rappelons que lundi, le premier ministre François Legault a annoncé que les écoles primaires rouvriraient le 11 mai. Quant aux écoles secondaires, ça ira en septembre.

 

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