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Les chants saugrenus du moqueur chat

Photo Cephas_Wikimedia:

Les chants saugrenus du moqueur chat

Un imitateur vraiment doué

Caché dans une haie, un animal miaule et pousse une série de bruits étranges. Drôle de chat, pensez-vous, tout en vous interrogeant sur le caractère insolite de la chose.

Puis, un oiseau gris à calotte noire surgit du buisson, semblant vous narguer à son passage… Il s’agit du moqueur chat, un maître chanteur doué pour imiter le chant d’autres oiseaux et capable d’émettre une centaine de cris différents.

Le répertoire du moqueur chat comprend notamment des imitations partielles du chant du geai bleu, du merle d’Amérique et du martin-pêcheur d’Amérique. Ses partitions évoquent, entre autres, le coassement de la grenouille, des grincements métalliques et divers cliquetis.

Le moqueur chat, un peu plus petit que le merle d’Amérique, affiche une silhouette élancée à la queue foncée. Sous la queue, une tache marron est parfois visible.

Il appartient à la famille des mimidés dénombrant une trentaine d’espèces qu’on retrouve seulement dans les Amériques.

Outre le moqueur chat, on observe au Québec le moqueur roux, un oiseau élancé au dos roux et à la poitrine rayée, et le moqueur polyglotte, un volatile grisâtre aux larges taches blanches aux ailes.

Fait à noter, l’apprentissage vocal chez les moqueurs dure toute la vie, contrairement aux autres oiseaux qui apprennent les chants seulement quand ils sont jeunes.

Voix humaine et sérénades d’oiseaux

Chez l’être humain, le larynx, siège des cordes vocales, joue un rôle essentiel dans l’expression de la voix.

Chez l’oiseau, la syrinx constitue l’organe des vocalises et du chant. Le son est produit par des membranes qui vibrent au passage de l’air. Le nombre de muscles à l’intérieur de cet organe est proportionnel à la complexité du chant. La syrinx du moqueur chat renferme neuf paires de muscles, comparativement à une seule chez le pigeon domestique.

Notre moqueur est tellement doué qu’il peut lancer deux sons en même temps. De plus, à notre plus grande surprise, il peut faire le ventriloque en émettant des sons le bec complètement fermé.

Le moqueur chat fréquente les terrains broussailleux, les bosquets près des cours d’eau et les vergers. Il rayonne aussi dans les îlots d’arbustes des cours et des parcs des banlieues et des villes. Par contre, il est absent à l’intérieur des forêts touffues et des peuplements de conifères.

Logé dans un arbuste, le nid, en forme de coupe, est façonné par la femelle qui assure aussi l’incubation. Après l’éclosion, le mâle ravitaille la femelle ainsi que les trois ou quatre oisillons de la couvée. La femelle exerce une grande surveillance auprès des jeunes en les protégeant de la pluie, du froid et de la chaleur du soleil.

Le régime alimentaire du moqueur chat varie selon le temps de l’année. Notre chanteur déguste des chenilles, des sauterelles et autres insectes au printemps et au début de l’été pour ensuite préférer les baies et petits fruits le reste de la saison estivale et au commencement de l’automne.

Il nous quitte vers la fin de septembre vers les États-Unis, laissant nos lieux à la proie du silence de l’automne et de l’hiver.

La légende de Syrinx

Dans la mythologie grecque, Syrinx, nymphe des bois, pour échapper à l’amour de Pan, se métamorphosa en roseau. De ce roseau, Pan fit une flûte pour se rappeler le doux souvenir de Syrinx.

Nom masculin ou féminin, le terme syrinx vient d’un mot grec signifiant «tuyau» et comporte deux sens. Le premier désigne une flûte de Pan alors que le deuxième signifie l’organe vocal des oiseaux.

Journaliste indépendant pour divers magazines et autodidacte dans l’apprentissage de l’ornithologie, Bernard Cloutier est vice-président de la Société ornithologique de Lanaudière. Il est aussi conférencier et rédacteur en chef du bulletin L’Oriole, publié par cet organisme. Pour lui écrire: b.clou@hotmail.com.

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