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Le destin incertain du fou de Bassan

Deux fous de Bassan.

Le destin incertain du fou de Bassan

Le Québec regorge d’oiseaux marins qui nichent l’été le long du fleuve. Un voyage estival en Gaspésie permet de contempler le fou de Bassan et autres espèces d’oiseaux fabuleuses.

L’île Bonaventure accueille la plus grande colonie de fous de Bassan de l’Amérique du Nord. Plus de 40 000 couples élèvent leurs petits sur les falaises de l’île. Cet oiseau blanc à la tête rousse et aux ailes noires plonge en fracassant l’eau de manière spectaculaire afin de capter un poisson.

Ce spectacle naturel pourra devenir de plus en plus rare au cours des prochaines années. La colonie de fous de Bassan subit, en effet, une baisse notable et constante de sa population.

Depuis 2009, la diminution représente plus de 20 % des effectifs, selon des données du Programme d’études avancées en biologie de l’Université du Québec à Rimouski.

L’an dernier, plusieurs poussins sont morts de faim à cause du manque de nourriture apportée par les parents.

En raison du réchauffement climatique, ceux‑ci doivent plonger plus profondément pour capturer des poissons, ce qui exige des efforts énergétiques importants. De plus, certaines espèces de poissons vivent maintenant à des profondeurs inatteignables pour notre oiseau blanc.

Pour attraper sa proie, l’oiseau plonge à une profondeur d’environ 20 mètres. Certaines espèces de poissons qui vivaient à cette profondeur se retrouvent maintenant à 30 ou 40 mètres. Ces poissons sont maintenant poursuivis par le macareux moine ou la mouette tridactyle capables de plonger à une telle profondeur.

Marée noire

Les fous de Bassan s’agitent à l’île Bonaventure d’avril à octobre. Ils hivernent en mer dans l’océan Atlantique, de la Virginie jusqu’au sud de la Floride, de même que dans le golfe du Mexique, près de la Louisiane.

La marée noire survenue dans le golfe du Mexique en 2010 affecte encore la population. Des juvéniles y passent en effet les premières années de leur vie, avant de revenir nicher au Québec quand ils atteignent l’état adulte à l’âge de cinq ou six ans. Les fous exposés à la marée toxique devraient revenir cette année et l’an prochain. Les biologistes pourront alors évaluer le nombre de fous aptes à se reproduire, mais tout semble indiquer un nombre restreint d’oiseaux nicheurs.

Grand oiseau marin d’une envergure de près d’un mètre, le fou de Bassan peut parcourir de grandes distances pour rapporter du poisson à son unique petit qu’il nourrit par régurgitation durant près de trois mois. Le fou peut s’absenter du nid pendant plusieurs jours pour s’alimenter. Depuis quelques années, cette situation semble plus courante et on peut voir plus souvent des fous de Bassan survoler le fleuve Saint-Laurent au large de Rimouski et de Blanc-Sablon, un phénomène inhabituel en pleine saison de nidification.

On retrouve six colonies de fous de Bassan en Amérique du Nord, toutes situées au Canada, trois à Terre-Neuve et trois au Québec (île Bonaventure, île d’Anticosti et aux îles de la Madeleine).

Habitée durant plus de 300 ans, l’île Bonaventure a été désertée par ses derniers résidents au début des années 1960, pour ensuite devenir en 1985 un parc de conservation englobant le rocher Percé.

Plus de 225 espèces d’oiseaux ont été observées sur l’île, et quelque 60 espèces y nichent, dont le petit pingouin et le canard arlequin. On accède à ce sanctuaire de la faune ailée par traversier.

Information: Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé, tél.: 1 800 665‑6527; [www.sepaq.com].

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