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Le constat de l’ex-maire Guy Bélisle

L’un des nombreux points de presse, lors de la Crise d’Oka, il y a 20 ans déjà.

Le constat de l’ex-maire Guy Bélisle

La Crise d’Oka: déjà 20 ans!

Auteur d’un rapport intitulé Oka au sortir de la crise amérindienne, déposé au mois d’avril 1991, l’ex-maire de Saint-Eustache Guy Bélisle ne croit pas qu’une crise semblable à celle qui a secoué les communautés okoise et mohawk puisse surgir de nouveau 20 ans plus tard, même si l’épineuse question des revendications territoriales n’a toujours pas été réglée.

Invité à répondre à certaines questions, ce qu’il a bien accepté de faire à titre personnel, M. Bélisle, alors âgé de 50 ans au moment de la Crise d’Oka, se dit convaincu que les citoyens de chacune des deux communautés ne veulent pas revivre une expérience semblable.

«Le danger est que, pour des décisions locales, certains opportunistes les récupèrent pour leur donner une importance qu’elles n’ont pas et en profitent pour les faire servir à leurs propres fins. Ce serait dommage, puisqu’une atmosphère de respect et de compréhension s’établit graduellement entre les deux communautés. Les médias doivent comprendre qu’ils n’ont pas à intervenir intempestivement lorsque des problèmes d’ordre local surgissent, particulièrement entre ces deux communautés. Il y aura toujours des personnes ou des groupes, dans chacune d’elle, qui voudront tirer profit du moindre événement par le biais des médias, évoquant la reprise d’une nouvelle crise potentielle. Ce n’est pas le sentiment qui prévaut dans les communautés et ce n’est pas mon opinion», d’indiquer M. Bélisle.

Pour l’ex-maire, qui avait été mandaté par le gouvernement fédéral pour rédiger ce rapport, il est indéniable que les deux communautés «ont, très graduellement, réappris à cohabiter, […] ont peu à peu repris confiance et désirent rétablir une cohabitation plus chaleureuse». «C’est surtout au niveau des élus locaux et des chefs amérindiens que la situation s’est grandement améliorée. L’ancien maire d’Oka, Yvan Patry, y est pour beaucoup dans la reprise et la poursuite du dialogue. Ils se rencontrent, discutent ouvertement de leurs problèmes respectifs et se font beaucoup plus confiance qu’auparavant», écrit-il dans les réponses qu’il a fournies par courriel.

Concernant les évènements d’il y a 20 ans, M. Bélisle estime que «cette crise était d’ordre local puisqu’il s’agissait de l’agrandissement d’un golf dans la Municipalité du Village d’Oka». À son avis, les leaders de chacune des communautés concernées auraient dû, à l’époque, régler la question localement. «Elle a rapidement pris une importance extraterritoriale, échappant ainsi aux leaders et décideurs locaux. […] Il faut cependant souligner que le projet d’agrandissement du golf d’Oka n’est devenu qu’un prétexte pour les Amérindiens de Kanesatake de relancer le vieux débat des revendications territoriales. C’est à partir de là que la cause a échappé aux dirigeants locaux par l’intervention des gouvernements supérieurs fédéral et provincial qui, ne connaissant pas réellement les enjeux, n’ont pas su prendre la situation en mains. […] Ils n’ont rien réglé, si ce n’est de promettre de l’argent pour compenser les pertes et dommages. Aucun règlement en profondeur!», de rappeler M. Bélisle.

Vingt ans plus tard, l’ex-maire de Saint-Eustache dit espérer, qu’à l’avenir, les leaders, d’un côté comme de l’autre, seront capables d’en mesurer les conséquences avant de poser des gestes irritants: «Là où il y a un problème, là aussi se trouve une solution; ils ne devraient pas l’oublier.»

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