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L’aigle de la rivière

Voici une question que nous faisait parvenir une lectrice, cette semaine: «J’ai vu un oiseau énorme sur le bord de la rivière, près du Marais Tylee. Il était noir avec une tête blanche. Je pense que c’était l’aigle à tête blanche. Est-ce possible de voir un aigle au Québec?» (M. T., Rosemère).

Votre description correspond au pygargue à tête blanche, un grand oiseau brun foncé, qui paraît noir en zone ombragée, et présentant une tête et une queue blanches. Cet oiseau était appelé autrefois l’aigle à tête blanche, le fameux oiseau de proie qui est l’emblème des États-Unis.

Le mot aigle désigne un nom général donné à certains grands oiseaux de proie. Au Québec, on retrouve aussi l’aigle royal, un oiseau d’une envergure de plus de 2,4 mètres lorsqu’il déploie ses ailes, une taille légèrement supérieure au pygargue à tête blanche.

Votre oiseau impressionnant est probablement en déplacement ou en migration, car il niche habituellement plus au nord, notamment à la Baie-James et sur l’île d’Anticosti.

Soulignons cependant que de récentes données scientifiques indiquent que le pygargue pourrait nicher dans quelques endroits isolés de la région des Basses-Laurentides.

Il s’agit d’un adulte de quatre ans et plus, en raison de son plumage. Plus jeune, le pygargue à tête blanche porte mal son nom puisque sa tête est brune.

L’oiseau préfère le poisson, mais il mange également des mammifères et des oiseaux. L’hiver, cet oiseau migrateur peut s’attarder dans nos régions s’il trouve des carcasses de cerfs de Virginie ou d’orignaux, à dévorer.

Le pygargue à tête blanche est classé sur la liste des espèces vulnérables au Québec et ailleurs en Amérique du Nord. L’oiseau a été chassé de manière intensive pendant quelques siècles. Les fermiers croyaient que le pygargue était responsable de la destruction des poules et autres animaux d’élevage.

De plus, aux États-Unis, une prime monétaire était accordée par le gouvernement à toute personne qui abattait le volatile, une mesure qui a pris fin en 1962.

De plus, dans les années 1940 à 1970, l’épandage massif de pesticides dans l’environnement a contaminé plusieurs espèces de poissons. Cette nourriture polluée a entraîné des réactions en cascade, telles la fragilisation de la coquille des œufs et la malformation des embryons.

Face au déclin de la population, les gouvernements ont adopté une série de mesures pour sauver l’espèce, notamment la préservation des habitats et l’interdiction de la chasse.

Dans les années 1980, la population estimée ne dépassait pas la barre de 40 couples nicheurs au Québec. Ce nombre serait maintenant nettement à la hausse, selon de récents rapports de l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec, une vaste étude quinquennale en cours (2010 à 2015).

Le mâle et la femelle érigent un nid immense, composé de branches et autres matériaux, destiné à accueillir deux œufs. Au fil des ans, les adultes utilisent le même nid et ajoutent d’autres branches. Aux États-Unis, on a découvert un nid mesurant plus de six mètres de hauteur et pesant plus d’une tonne!

Les aigles appartiennent à la famille des accipitridés, laquelle englobe tous les oiseaux de proie du Québec, à l’exception des faucons (falconidés).

Rareté de l’aigle royal

Oiseau rare au Québec, l’aigle royal niche principalement en Gaspésie, sur les corniches inaccessibles des monts Chic-Chocs.

Le rapace à la parure foncée, inscrit aussi sur la liste des espèces en péril, est aperçu très rarement dans la région des Basses-Laurentides.

L’aigle royal a été observé, entre autres mentions, au parc du Domaine-Vert, à l’automne 2010.

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