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La ruse du pluvier

(Photo Hart Curt — Wikimedia)

La ruse du pluvier

Piètre chanteur mais comédien hors pair

Le pluvier kildir porte un double collier noir sur une poitrine blanche, un dos et une tête brune et un bec noir. En vol, il déploie ses ailes, dévoilant ainsi une queue rousse bordée de blanc de noir.

Cet oiseau de la taille du merle d’Amérique apparaît dans nos régions tôt au printemps, dès la fin de mars ou au début d’avril. Il fait partie du groupe des oiseaux de rivage, mais on le retrouve souvent assez loin des plans d’eau.

Cet oiseau racé passe la majeure partie de son temps au sol. Il n’est pas difficile quant à son choix d’habitat. Il fréquente les champs, les pâturages, les anciennes cours d’école laissées à l’abandon, les terrains de golf et les pistes d’aéroport.

Son allure brunâtre l’aide à passer inaperçu. Il ne construit pas véritablement de nid, plutôt une formation rudimentaire au sol. Les œufs tachetés se confondent eux aussi avec la terre, le gravier et les cailloux.

Par ce camouflage, on peut donc ignorer sa présence, sauf quand il pousse ses cris. Il émet une série de «kill-di!» retentissants à plusieurs reprises le jour, et même la nuit. Peu harmonieux, ces cris sont d’ailleurs à l’origine de son nom.

Comédien hors pair

Piètre chanteur, l’oiseau s’avère un comédien hors pair. Si l’on approche de son nid, il lance des «kill-di!» plaintifs, feint une blessure en déployant une aile au sol, comme si elle était brisée, tout en se dirigeant en direction opposée de sa progéniture. Devant cet état de faiblesse, un prédateur comme le renard sera attiré par la proie potentielle, ignorant ainsi les oisillons de la couvée.

Lorsque les oisillons semblent hors de danger, le pluvier kildir se remet miraculeusement de sa «blessure» et nargue le chasseur en s’envolant au-dessus de lui.

Notre comédien a d’autres trucs dans sa besace pour protéger sa famille. Couvant les œufs, le parent scrute l’horizon. Si un intrus s’approche, il s’éloigne de manière furtive puis s’envole en lançant des cris d’alerte, distrayant le prédateur, lequel trouve rarement le nid.

Rôle utile

Le pluvier kildir consomme beaucoup d’insectes nuisibles, jouant un rôle utile pour les fermiers. Il mange des charançons, des larves, des vers, des chenilles, des sauterelles et autres invertébrés. De plus, son régime alimentaire comprend des punaises et des tiques qui s’attaquent aux animaux et aux humains.

Pour chercher sa nourriture, le pluvier kildir parcourt son territoire en courant, puis s’arrête et se fige en gardant la tête relevée. Soudainement, il baisse la tête et frappe vigoureusement le sol avec son bec.

Notre acteur prend son rôle au sérieux au moment de la parade nuptiale. Le mâle s’envole haut dans les airs en tournoyant au-dessus de la femelle. Au sol, il peut faire différentes poses comme se recroqueviller, se pencher sur le côté ou déployer sa queue en éventail.

La femelle et le mâle érigent ensemble le nid, une simple cavité peu profonde tapissée de quelques roches.

Dans le sud du Québec, le couple peut élever deux familles au cours de la saison, chaque couvée dénombrant en général quatre œufs.

Les parents s’occupent à tour de rôle de couver les œufs. L’éclosion survient un peu plus de trois semaines plus tard, un oisillon fragile et duveteux surgissant de la coquille, continuant ainsi le miracle de la vie.

ENCADRÉ

Journaliste indépendant pour divers magazines et autodidacte dans l’apprentissage de l’ornithologie, Bernard Cloutier est vice-président de la Société ornithologique de Lanaudière. Il est aussi conférencier et rédacteur en chef du bulletin L’Oriole, publié par cet organisme. Pour lui écrire: b.clou@hotmail.com

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