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Porte-parole du Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Lionel-Groulx (SEECLG), affiliés à la FNEEQ-CSN, Judith Trudeau.

«La réussite passe par le lien pédagogique !»

Rentrée collégiale virtuelle : les profs sont préoccupés

Les enseignants du Collège Lionel-Groulx craignent que l’enseignement virtuel, identifié par la direction comme une solution sécuritaire en temps de pandémie, soit néfaste chez certains étudiants. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, est pointé du doigt.

La session d’hiver étant derrière eux, les enseignants des cégeps se préparent maintenant à la rentrée de l’automne 2020, avec comme préoccupations principales la réussite et la persévérance scolaire de leurs étudiants, mais aussi, «le maintien du lien pédagogique», a insisté Judith Trudeau, porte-parole du Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Lionel-Groulx (SEECLG), affiliés à la FNEEQ-CSN, inquiète des effets pervers associés à l’enseignement virtuel, devenu norme au Collège Lionel-Groulx, le temps de la crise, du moins.

«L’enseignement virtuel, ce n’est pas de la tarte, ni pour les étudiants, ni pour les enseignants. Ça peut être catastrophique pour un étudiant de maintenir le rythme et à s’outiller de bonne façon et chaotique pour les profs. L’enseignement à distance, ce n’est vraiment pas l’idéal !»

Pour la représentante des enseignants du Collège Lionel-Groulx, l’enseignement du futur ne passe pas par un écran d’IPad mais par la présence en classe.

«L’École de demain, ce n’est pas par là qu’il faut que ça passe ! Comment crée-t-on le lien pédagogique si nous ne sommes pas en présence de l’étudiant ? Comment ferons-nous en sorte pour qu’ils se retrouvent ? La réussite de l’étudiant passe par le lien pédagogique !», de conclure, souhaitant vivement un rapide retour à la normale.

Ignorance du milieu collégial

Comme les quelque 500 membres du SEECLG, Judith Trudeau est consciente de la situation exceptionnelle dans laquelle la planète est plongée depuis la mi-mars, mais est d’avis que la situation aurait dû être gérée bien différemment par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qu’elle pointe directement du doigt pour tous les tracas vécus au cours des 90 derniers jours.

«Le 13 mars, dit-elle, il a fallu que les profs se revirent sur un dix sous. Ce que cela a révélé c’est l’impertinence de notre ministre de l’Éducation. On a senti chez lui une improvisation. Nous sommes sévères, j’en conviens. Sauf que nous avons senti à travers les mots du ministre qu’il ne connaissait pas le milieu collégial.»

À titre d’exemple, Mme Trudeau nous ramène au 6 avril, journée où Jean-François Roberge annonçait que les cours collégiaux seraient donnés en ligne afin de compléter la session d’hiver 2020.

«Ce qu’il comprend peut-être mal, dit-elle, c’est qu’au cégep, il y a plusieurs techniques. Enseigner à faire une injection en ligne, ce n’est pas la meilleure idée !»

Selon la porte-parole du SEECLG, le ministre de l’Éducation aurait plutôt dû «prendre un pas de recul» et analyser davantage les conséquences de ses décisions.

«Je pense qu’il a voulu calmer le jeu, mais il aurait dû regarder ce qui se fait dans le milieu. Chez nous, à Lionel-Groulx, nous offrons la technique de santé animale, nous avons des laboratoires de bio, etc. Disons que ce n’était pas habile de sa part !».

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