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Guy Ferland: un professeur d’exception

Photo Christian Asselin

Guy Ferland, à son bureau du Collège Lionel-Groulx.

Guy Ferland: un professeur d’exception

Enseignant en philosophie au Collège Lionel-Groulx

Enseignant au département de philosophie du Collège Lionel-Groulx depuis le 5 février 1991, Guy Ferland a récemment été reconnu pour «sa contribution exceptionnelle» à la communauté philosophique du Québec. Le 5 février, il apprenait en effet qu’on lui remettrait, en mai, le Prix pour le rayonnement de la philosophie au collégial Jean-Claude Simard 2020.

Ce sont les collègues de M. Ferland qui ont soumis sa candidature, certains qu’il détenait les qualités et le parcours nécessaires pour remporter cet honneur remis par la Société de philosophie du Québec.

«Trois ou quatre professeurs ont contribué au texte de mise en candidature. Quand je l’ai lu, je n’en suis pas revenu de tout ce que j’avais fait au cours de ma carrière!»

Cours obligatoire au collégial – «ce devrait aussi l’être dès le primaire» , selon Guy Ferland – la philosophie est essentielle, insiste le lauréat, et ce, bien que les étudiants y entrent souvent à reculons, la première fois.

«La philosophie est cruciale à 17-18 ans quand notre orientation sexuelle se définit davantage, que nos relations avec les autres, avec nos parents, notamment, se définissent également. C’est un moment de sa vie où l’on décide aussi de notre orientation professionnelle. La philo sert à se poser des questions, à penser par soi-même» , a indiqué celui qui prendra vraisemblablement sa retraite au terme de la présente session. Il quittera alors un métier qu’il a toujours aimé pratiquer.

«La philosophie, c’est avoir les deux pieds sur terre, ne pas se laisser embarquer par les fausses nouvelles, les modes, les influences extérieures. C’est s’orienter en cherchant sa voie pour ainsi donner du sens à ce que l’on fait. Les cours servent au moins à ça et non à apprendre des choses abstraites qui ne serviront jamais à rien!»

Analphabète

Admis en sciences pures à son entrée au cégep, Guy Ferland se dirigeait plutôt vers une carrière de physicien, programme qu’il a d’ailleurs rejoint à son entrée à l’université. Le hic, c’est que, bien qu’étudiant universitaire et brillant mathématicien, il ne savait pas encore écrire.

«J’étais analphabète dramatique! Je ne savais même pas écrire le mot maison. J’étais sage et fort en mathématique, mais incapable de rien écrire» , de dire l’enseignant qui a finalement réussi ses études secondaires et collégiales en dépit de ces difficultés. Il raconte d’ailleurs cette période de sa vie dans l’un des nombreux livres qu’il a publiés: «Lâchez pas les gars!» .

Journaliste au Devoir pendant cinq ans (de 1985 à 1991), avant de bifurquer vers l’enseignement, Guy Ferland n’a jamais regretté sa décision de se tourner vers la philosophie, une matière qui l’avait marqué au cégep.

«Ça m’a aidé d’avoir des amis dans ce milieu, à La Presse notamment. Lorsque j’envoyais des lettres ouvertes philosophiques à l’éditeur André Pratte, elles étaient normalement publiées» , raconte-t-il avant d’ajouter que cette façon de faire rayonner la philosophie a certainement contribué à convaincre le jury qu’il méritait le Prix pour le rayonnement de la philosophie au collégial Jean-Claude Simard.

Une fierté pour le Collège

Voir l’un de ses enseignants être ainsi honoré est évidemment une fierté pour le Collège Lionel-Groulx et son directeur Michel Louis Beauchamp qui n’a pas manqué de le souligner.

«Notre Collège est fier de cette distinction méritée pour notre collègue, a conclu M. Beauchamp. Nous avons grand besoin, en cette période de notre histoire, de faire rayonner la philosophie. Ce prix rappelle d’ailleurs l’importance de la formation générale, qui concourt à préparer adéquatement les étudiants à la vie moderne, quel que soit le chemin qu’ils emprunteront en tant que citoyens.»

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