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Feu vert à Enbridge: des réactions de prudence et d’inquiétude

Jean Léger

Feu vert à Enbridge: des réactions de prudence et d’inquiétude

La décision de l’Office national de l’énergie (ONÉ), donnant le feu vert à Enbridge pour inverser le flux de pétrole qui traverse la ligne 9B et rendue publique le jeudi 6 mars dernier, a suscité bon nombre de réactions dans la communauté mirabelloise.

Le maire de Mirabel, Jean Bouchard, dit se sentir interpellé par l’aspect sécuritaire entourant les opérations à venir de l’oléoduc. Sa ville étant membre de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), sa position s’allie à celle commune du regroupement. «Nous souhaitons qu’ils [Enbridge] nous informent plus sur les mesures d’urgence. On veut être rassurés sur l’aspect sécuritaire», a affirmé le maire.

Rappelons que le maire de Montréal, Denis Coderre, qui est également président de la CMM, a déposé l’automne dernier devant l’Assemblée nationale un mémoire dans lequel il affirme que la CMM soutient le projet d’Enbridge, mais sous certaines conditions, dont la mise en place d’un fonds de prévoyance de un milliard de dollars afin de pallier d’éventuels dommages en cas de déversement.

Pour en revenir au maire Bouchard, celui-ci a expliqué aux citoyens présents à la séance du conseil municipal du 10 mars dernier que c’était l’Union des municipalités du Québec (UMQ) qui était en quelque sorte le porte-parole des municipalités dans ce dossier.

Or, dans un communiqué publié au lendemain de la décision rendue par l’ONÉ, l’UMQ se montre satisfaite de constater que l’ONÉ a fixé des conditions à Enbridge qui vont dans le sens de ses recommandations, notamment en ce qui concerne l’évaluation des risques et l’élaboration de mesures d’urgence. L’Union s’attend toutefois à ce que toute planification dans ces domaines se fasse en concertation avec les municipalités concernées.

Tout comme la CMM, l’UMQ déplore le manque de garanties concernant la capacité financière de la société Enbridge à faire face à un éventuel accident ou déversement. L’UMQ demande ainsi au gouvernement fédéral d’adopter une législation obligeant les sociétés opérant des pipelines à fournir des garanties financières et à se prévaloir d’un fonds de prévoyance.

Questionné sur la décision de l’ONÉ, le président de l’UPA Sainte-Scholastique–Mirabel, Marcel Denis, affirme ne pas se sentir rassuré par le processus d’inversion du flux. «Et s’il survenait des problèmes non visibles à la surface?» fait‑il valoir. «Il y a combien de fuites observées qu’on ne sait pas? Lorsque le tuyau sera encore plus vieux, vont-ils le laisser dans le sol? Il y a de gros points d’interrogation», a soulevé M. Denis.

Jean Léger, le porte-parole de Coalition Vigilance Oléoduc dans la région, s’inquiète et s’interroge sur la trentaine de conditions que l’ONÉ a imposée à Enbridge pour la suite des choses. «Ces conditions vont-elles être appliquées et par qui? Et le suivi d’Enbridge auprès des citoyens? On ne sait pas, alors on reste dans le flou. Ici, à Mirabel, l’entreprise est laissée à elle-même. Personne du gouvernement ne vient surveiller les travaux de réparation. Il n’y a pas de surveillance, pas de suivi qui se fait. Oui, il y a 30 ordonnances pour nous donner une assurance à nous, les citoyens, mais on est inquiets et pas rassurés surtout lorsqu’on connaît la réputation d’Enbridge», a commenté M. Léger.

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