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Faire son nid au Québec

La majorité des oiseaux que l’on observe en été au Québec séjournent ici pour faire un nid et élever une famille pour ensuite repartir vers le Sud.

En provenance du sud des États-Unis, de l’Amérique centrale ou de l’Amérique du Sud, quelque 250 espèces d’oiseaux migrent pour faire éclore la vie dans nos cours, nos champs et nos forêts.

Le merle d’Amérique et quelques autres espèces arrivent dès le début du printemps pour avoir le temps de nidifier à deux reprises au cours de la saison. Chaque ponte donne en moyenne quatre œufs, quoique le nombre total oscille entre deux et sept œufs.

Mais la plupart des migrateurs, telles les hirondelles, arrivent pour la période des insectes et érigent généralement un seul nid.

Pour sa part, le colibri à gorge rubis, notre seul oiseau-mouche, profite de la saison des plantes pour se nourrir de nectar et fonder une petite famille. Son nid, fait de duvet végétal lié par des toiles d’araignées, renferme deux œufs minuscules, gros comme des pièces de dix cents.

Le nombre d’œufs varie selon les espèces, mais en général la couvée compte de trois à cinq œufs chez les passereaux, de 8 à 15 chez les canards.

La période d’incubation dure de 11 à 15 jours chez les petits oiseaux, de 20 à 25 jours chez les oiseaux de taille moyenne, et jusqu’à 67 jours chez le manchot empereur.

Éventail de formes

Les ancêtres des oiseaux modernes enterraient probablement leurs œufs dans le sol, à l’instar de la plupart des reptiles aujourd’hui. Au cours de leur évolution, les oiseaux ont commencé à employer la chaleur de leurs corps pour couver et façonner un nid.

Chaque espèce d’oiseau élabore un type de nid, de construction sommaire ou développée.

Le pluvier kildir se contente d’assembler quelques brindilles sur un sol rocheux.

À l’opposé, le tisserin se distingue par la confection d’un nid très complexe doté d’une antichambre, d’une chambre et d’un toit. C’est le mâle qui façonne le nid de forme circulaire en employant des filaments arrachés à de grandes feuilles, le tout dans le but d’attirer une femelle. L’étude du nid de cet oiseau d’Afrique par les scientifiques a montré qu’il peut faire une douzaine de nœuds différents.

Beaucoup d’oiseaux font leur nid dans des cavités d’arbres morts, comme la mésange à tête noire et le pic mineur.

Fait singulier, le nid du martin-pêcheur prend la forme d’une petite caverne située au bout d’un tunnel d’une longueur d’un à deux mètres. Il utilise un terrier de l’année précédente ou excave une nouvelle cavité, à l’aide de son bec puissant. Exécutée par le mâle et la femelle, la création d’une nouvelle caverne exige de nombreux allers et retours pour transporter le sable ou la terre, un travail de trois à quatre jours.

Dans les guides d’identification, on mentionne qu’un oiseau peut être nidicole, tel le pigeon, ou nidifuge, tel le canard colvert.

Expliquons qu’une espèce est dite nidicole lorsque les petits naissent incapables de se nourrir seuls. Après l’éclosion, les oisillons sont aveugles et leur corps n’a aucun duvet. Pour sa part, une espèce nidifuge se caractérise par des jeunes couverts de duvet et aptes à quitter rapidement le nid tout en étant capables de se nourrir sans l’aide des parents.

Mentionnons que la loi fédérale sur les oiseaux migrateurs décrète qu’il est interdit de déranger des oisillons, de détruire ou de déplacer un nid.

Atlas des oiseaux nicheurs du Québec : Un projet colossal

Vaste projet d’étude s’étendant sur cinq ans, l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec vise à recenser toutes les espèces d’oiseaux en état de nidification dans les régions de la province.

Le projet a débuté en 2010 et a déjà permis d’importantes découvertes. À titre d’exemple, on a observé un couple de cygnes trompette avec deux rejetons à Joutel, en Abitibi. Il s’agit de la première preuve de nidification de cette espèce au Québec.

L’an dernier, ce projet d’envergure a regroupé plus de 1 200 personnes qui ont travaillé bénévolement durant quelque 15 600 heures afin de recueillir diverses données sur la nidification.

Les participants ont rapporté plus de 78 000 mentions provenant de 1 612 secteurs d’inventaire.

Cette œuvre collective suscite enthousiasme et admiration. Elle a fait l’objet d’un reportage le 5 juin dernier à l’émission Découverte de Radio-Canada et a été saluée par plusieurs personnes. «Je me réjouis de l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec, a affirmé Zachary Richard, auteur, chanteur et militant écologiste. C’est un projet rassembleur, c’est un outil important, voire essentiel pour la conservation.»

Coordonné par le Regroupement QuébecOiseaux, le Service canadien de la faune, Études d’Oiseaux Canada et la plupart des clubs d’ornithologie, le projet de l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec se terminera en 2015, en vue d’une publication en 2020. Il s’agit d’une deuxième édition de l’Atlas, un ouvrage du même genre ayant été réalisé de 1984 à 1989. Publiée en 1995, la première édition comprenait cependant moins de participants (930 personnes).

Le projet actuel est ouvert à tous. L’observateur occasionnel ou l’ornithologue chevronné peut faire partie de ce projet colossal.

Il n’est pas trop tard pour s’informer ou s’inscrire: [www.atlas-oiseaux.qc.ca].

Journaliste indépendant pour divers magazines et autodidacte dans l’apprentissage de l’ornithologie, Bernard Cloutier est membre de la Société ornithologique de Lanaudière. Il est aussi animateur, guide et conférencier. Pour lui écrire: b.clou@hotmail.com.

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