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Écologistes, artistes, élus se regroupent pour s’opposer à Énergie Est

«Aujourd’hui, nous disons NON à Énergie Est.» Cette vive opposition, c’est celui d’un regroupement d’au moins 80 groupes, élus et militants écologistes à l’endroit de TransCanada, qui se prépare concrètement à aller de l’avant avec son projet d’oléoduc en vue de transporter du pétrole de l’Alberta jusqu’aux Maritimes. Les Basses-Laurentides et le territoire Mohawk figurent sur le trajet, que l’on tarde d’ailleurs à rendre public.

Mercredi matin, au Centre Saint-Pierre de Montréal, des représentants de plusieurs organismes environnementaux, des citoyens, des artistes et des élus ont profité du lancement du livre de l’économiste Éric Pineault, Le piège Énergie Est, pour crier haut et fort leur opposition au projet pétrolier de TransCanada.

Parmi les organismes qui s’inscrivent au cri de manifestation, on retrouve Greenpeace, Équiterre, Fondation David Suzuki, Eau Secours, Idle no More et bien d’autres très actifs sur le terrain dont la Coalition vigilance Oléoducs, connu dans les Basses-Laurentides. On retrouve également des noms connus tels que la députée péquiste Martine Ouellet, la députée solidaire Manon Massé, le député fédéral Xavier Barsalou-Duval, le maire de Lanoraie, Gérard Jean, et des artistes, dont Jici Lauzon, Dominic Champagne, Christian Vanasse et bien d’autres.

Trois pièges

Pour Éric Pineault, qui a analysé le projet sous toutes ses coutures, trois grands pièges sous-tendent Énergie Est. «L’oléoduc de TransCanada est bien plus qu’un tuyau où couleraient 2 000 litres de pétrole à la seconde. Énergie Est est un piège écologique, économique et social qui veut nous enfermer pour plusieurs décennies dans la dépendance à une croissance dopée au pétrole. Autoriser Énergie Est, c’est s’exposer à des risques majeurs pour des retombées qui affaibliraient à terme notre économie», prétend-il.

Le parcours de l’oléoduc touchera 860 cours d’eau, dont le fleuve Saint-Laurent, a laissé savoir l’économiste chercheur, qui est convaincu qu’un déversement est inévitable dans les 40 années qui suivront sa mise en fonction. «Reste à savoir où et comment ça se passera, insiste-t-il. En cas de déversement majeur, les conséquences envisageables sont 36 fois supérieures à celles du déraillement de Lac-Mégantic, menaçant l’eau potable de 5 millions de personnes.»

Selon l’auteur, la menace est sérieuse aussi pour le climat. Si l’on veut éviter un dérèglement, 85 % des réserves d’hydrocarbures des sables bitumineux doivent rester dans le sol d’ici 2050.

À l’origine d’une crise?

Maïté Labrecque-Saganash, du mouvement Idle No More, craint pour sa part l’intrusion de l’oléoduc. «La dégradation des terres, lacs et rivières est une blessure culturelle, parce qu’elle contribue à la destruction de modes de vie déjà précaires. Jusqu’où devront aller les nations autochtones dans leur opposition à ce projet? On n’a pas besoin d’une seconde Crise d’Oka. Si le premier ministre tient autant aux Autochtones qu’il le dit, il devrait nous écouter.»

Pour que le projet soit autorisé, il lui faudra toutefois un rapport favorable du BAPE, dont les audiences viennent de prendre fin, et aussi l’aval de l’Office national de l’énergie à la suite de audiences publiques qui se tiendront au printemps 2017.

Parmi les militants opposés à Énergie Est, certains émettent cependant une réserve sur le processus de consultation. «On n’a aucune raison de faire confiance aux processus de consultation. C’est une guerre d’usure», croit Carole Dupuis, du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec.

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