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Cobamil

La rivière aux Chiens déborde fréquemment, en raison de son caractère linéaire, notamment.

Débordements de la rivière aux Chiens: une experte se prononce

Le Conseil des bassins versant des Mille-Îles (COBAMIL) collabore depuis l’été 2015, avec des hydrogéologues, à la réalisation d’une étude dont l’objectif est, entre autres, d’analyser et de déterminer les causes des débordements fréquents de la rivière aux Chiens. Bien que les résultats de cette étude ne seront connus que l’an prochain, Elsa Dufresne, directrice générale du COBAMIL, a bien voulu avancer quelques pistes de solution.

«Je travaille sur le dossier de la rivière aux Chiens depuis plusieurs années. Je peux vous en parler longuement!» lance d’abord Elsa Dufresne. Selon elle, deux facteurs principaux peuvent expliquer que chaque année, lorsqu’arrive le printemps, la rivière aux Chiens sorte de son lit.

Le caractère linéaire de ce cours d’eau qui se jette dans la rivière des Mille Îles est l’un d’eux. Comme toute rivière, a indiqué Mme Dufresne, la rivière aux Chiens a besoin d’espace de liberté pour pouvoir bouger selon les crues et les mouvements du sol. Toutefois, elle ne bénéficie plus de cette marge de manœuvre, essentielle à son sillon, depuis quelques décennies.

«Dans les années 80, explique-t-elle, une bonne partie des berges de la rivière aux Chiens a été artificialisée, par l’ajout de murs de béton, entre autres. Normalement, une rivière fait des “S” et, comme en ski, lorsqu’on fait du slalom, cela nous ralentit et le contraire se produit lorsqu’on descend en ligne droite. Pour une rivière, c’est la même chose. Lorsqu’on les linéarise et qu’en plus, on leur met des murs de béton de chaque côté, elle prend alors toute sa vitesse!»

Milieu urbain

L’aménagement de nouveaux secteurs résidentiels à proximité de la rivière aux Chiens, et les nombreux égouts pluviaux que cela entraîne, a également un impact majeur sur le débit d’eau d’une rivière.

«Autrefois, indique Elsa Dufresne, ces terres étaient vacantes. C’était des forêts, des champs agricoles ou des milieux humides qui permettaient à l’eau de s’infiltrer dans le sol tandis qu’aujourd’hui, on bâtit partout, ce qui a pour effet d’imperméabiliser les surfaces.»

Cette imperméabilisation du sol, comme le mentionne la directrice du COBAMIL, contribue à la surutilisation des égouts pluviaux.

«Ce qui fait qu’à chaque pluie, ajoute-t-elle, au lieu que l’eau s’infiltre dans le sol graduellement, elle est plutôt dirigée au même endroit, dans un égout pluvial. Et lorsque celui-ci déborde, l’eau sort toute d’un coup!»

La superficie du bassin versant de la rivière aux Chiens est par ailleurs importante. Celui-ci s’étend du secteur Fontainebleau à Blainville, jusqu’à Mirabel, en passant par Lorraine, Rosemère et Sainte-Thérèse, notamment. Ce territoire a vu apparaître au cours des dernières années une autoroute, des centres commerciaux et de nombreux secteurs résidentiels, ce qui contribue également à pousser la rivière aux Chiens hors de son lit.

«En raison de ces constructions, les ruisseaux de tête qui se jettent dans la rivière sont énormément sollicités par l’Homme. C’est un territoire très sollicité au niveau du développement. Ce qui fait que dès qu’il pleut, la rivière monte!»

L’épisode du week-end dernier à Sainte-Thérèse aura au moins eu de bon de transmettre des données importantes aux hydrogéologues qui procèdent à l’analyse de la rivière aux Chiens. D’ici quelques mois, ils arriveront avec des solutions pour éviter que de telles situations se reproduisent. Construction de bassins de rétention ou aménagement de milieux humides pourraient être envisagés. Mais est-ce que le financement suivra? La question demeure…

 

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