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Courrier ailé: le merle et le gros-bec errant

Le gros-bec errant semble faire une incursion au sud du Québec.

Courrier ailé: le merle et le gros-bec errant

Au fil des semaines, plusieurs personnes nous ont fait parvenir des témoignages ou des questions sur la vie ailée dans notre région. Voici des réponses à certaines interrogations de nos lecteurs.

Sauvetage d’un jeune merle

«J’ai lu avec intérêt votre article sur le dindon sauvage et je me permets de vous écrire parce que j’ai une question concernant le merle d’Amérique. Je vous raconte cette petite histoire survenue cet été:

Dans les jours qui ont suivi notre retour de vacances, vers la mi-août, on a trouvé un oisillon merle au sol, les pattes cassées. Il est mort. Le lendemain, un deuxième, trouvé mort au même endroit! Je commence à observer de plus près l’arbre au-dessus de cette triste scène et j’aperçois un nid avec de la vie dedans. Je me précipite à l’étage; de la chambre de ma fille, nous avons une meilleure vue sur le nid, situé à environ trois mètres de hauteur. Il y a un oisillon dedans qui semble un peu hyperactif. La mère l’observe d’une branche pas trop loin. L’oisillon monte sur le bord du nid… Panique en la demeure… Il va se tuer comme les deux autres!

Mes filles décident d’installer une couverture attachée à des dossiers de chaises. Dans les dix minutes qui suivent, le petit a sauté! Il a atterri sur la couverture, ce qui a absorbé le choc; il a ensuite sautillé jusqu’au rebord d’une chaise et sauté au sol pour ensuite courir vers la haie de cèdres où sa mère est venue le rejoindre. Sauvetage réussi!

Mais plusieurs questions me viennent à l’esprit: est-ce normal pour les oisillons du merle d’Amérique de sauter du nid sans savoir voler? Si oui, pourquoi la mère fait un nid si haut? Sinon, pourquoi ont-ils sauté? C’est un début difficile dans la vie que de sauter en bas d’un nid si haut avec un système de vol qui n’est pas prêt!» (Nathalie Lalonde, Rosemère)

Réponse: Votre histoire est fascinante et je vais répondre «au meilleur de ma connaissance». À l’instar de plusieurs espèces d’oiseaux, les jeunes merles quittent le nid sans savoir voler. Il y a un processus biologique hormonal qui pousse les oiseaux à agir, coûte que coûte. De plus, un prédateur (chat, oiseau de proie ou autres animaux) rôdait peut-être aux alentours, poussant les oiseaux à accélérer les choses.

Les merles délaissent le nid de 14 à 16 jours après l’éclosion. Ils demeurent dépendants des parents pendant quelque 15 jours. C’est donc normal de voir de jeunes merles au sol, incapables de voler correctement. Par contre, les blessures mortelles ne sont pas systématiques. Votre histoire est quelque peu inhabituelle.

La hauteur du nid est généralement entre 1,5 et 3 mètres, bien que certains merles peuvent faire leur nid directement au sol ou à une hauteur atteignant 15 mètres.

Le taux de survie de cette espèce est très bas. Heureusement, le merle a la bonne habitude de faire deux couvées par an.

En moyenne, le nombre d’œufs est de quatre pour la première nichée et de trois pour la seconde. Les scientifiques estiment que seulement un oisillon sur quatre atteint l’âge adulte.

Surprise à la mangeoire

«J’ai eu une grosse surprise cette semaine. J’ai observé un groupe de 15 gros-becs errants à mes mangeoires, un oiseau que je n’avais pas vu depuis quatre ou cinq ans. Est-ce vraiment un oiseau rare?» (C. P., Blainville)

Réponse: Depuis la mi-octobre, on rapporte effectivement plusieurs mentions de gros-becs errants dans les régions sud du Québec, dont les Basses-Laurentides. Le gros-bec errant porte bien son nom en raison de ses déplacements imprévisibles. Cet oiseau nordique semble faire une incursion au sud à cause, semble-t-il, de la rareté de la nourriture (graines et cônes de conifères) dans les zones boréales.

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