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Une quête identitaire toujours actuelle

Raymond Legault et Louis-Olivier Maufette, dans Un simple soldat.

Une quête identitaire toujours actuelle

Un simple soldat, de Marcel Dubé

Un simple soldat, pièce incontournable de la dramaturgie québécoise écrite par Marcel Dubé, en 1957, a su conserver, un demi-siècle après sa création, une étonnante force d’émotion. Dans une mise en scène signée Jacques Rossi, la pièce était présentée sur la scène du Théâtre Lionel-Groulx, le 20 novembre dernier.

Juin 1945, la fin de la Deuxième Guerre mondiale est annoncée. Avec elle, sonne le retour dans sa famille, après une absence de trois ans, de Joseph Latour, un soldat démobilisé qui n’aura jamais franchi les frontières du Canada. Avec pour toile de fond une famille désunie dans un Québec pauvre et asservi, Joseph, l’aîné de quatre enfants, viendra sans ménagement et avec mépris ébranler le quotidien des siens. «Vivre dans une maison où personne s’aime, ça doit pas être bon à la longue», lancera un jour sa jeune sœur, Fleurette (Laurie-Ève Gagnon). En mal d’identité, le coeur plein d’amertume et de révolte, Joseph trahira tous ceux qu’il aime avant de tomber au combat, sept ans plus tard, en Corée.

Mal de vivre

Un simple soldat, c’est aussi tout le mal de vivre d’un peuple à l’aube de la Révolution tranquille et à la recherche d’une quête identitaire. Force est d’admettre que cinquante ans plus tard, malgré un contexte sociétal différent, Un simple soldat demeure aussi prenant et actuel.

Plantée dans un décor simple et efficace – un modeste appartement montréalais et un bar sobre – la pièce fait passer le spectateur par toute la gamme des émotions. L’intensité du jeu de Louis-Olivier Mauffette, qui campe Joseph Latour, impressionne. Particulièrement dans cette scène où, complètement ivre, il crache au visage de père, toute sa rancœur longuement refoulée. Raymond Legault, vieux et lourd, brille d’ailleurs dans ce rôle de père découragé et humilié par la vie et les frasques de son fils. Un homme constamment rabaissé par son fils et par une femme devenue, à force de misère, amère et frustrée (jouée par la comédienne Josée Beaulieu).

Montées en crescendo jusqu’à la fin, les émotions vécues par les personnages trouvent écho chez le spectateur et bouleversent, immanquablement. Parce que cinquante ans plus tard, les liens entre les membres d’une même famille, à fortiori ceux d’une famille reconstituée, sont toujours aussi fragiles et la guerre, jamais vraiment disparue.

Présentement en tournée provinciale, la pièce Un simple soldat poursuit sa route jusqu’au 14 décembre prochain.

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