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Kylian le grand: un acte d’amour

(Photo Yves Déry)

Kylian le grand: un acte d’amour

Danse

La scène est faiblement éclairée. Les danseurs s’y réchauffent devant nos yeux, pendant qu’un écran de projection nous montre un hommage au chorégraphe tchèque Jiri Kylian. Les témoignages y sont vibrants, chaleureux, admiratifs, le tout formant un préambule intéressant à cette représentation de Kylian le grand, présenté le 22 novembre dernier au Théâtre Lionel-Groulx.

Ce spectacle, imaginé par Anik Bissonnette et Mario Radacovsky, se veut avant tout un «acte d’amour» de ses créateurs à l’endroit de Jiri Kylian. C’est une façon de célébrer son œuvre, dont les créations sont dansées à travers le monde. Pour ce faire, sept solistes ainsi que les danseurs du Ballet du Théâtre National de Slovaquie interprètent, avec intensité et émotion, des extraits de pièces du chorégraphe. Qui plus est, dans un souci de bien démontrer l’influence de Kylian sur ses contemporains et la nouvelle génération, sont aussi présentées des pièces créées par des chorégraphes ayant bénéficié de son enseignement au Nederlands Dans Theater. Une idée lumineuse, tout comme celle de projeter, entre les numéros, de courtes vidéos nous permettant de découvrir l’homme et ses valeurs, sa philosophie de la vie, sa vision du monde et de la danse.

Whereabouts Unknown donne le coup d’envoi au spectacle, avec son atmosphère planante et aquatique. Les corps du couple bougent en harmonie, ils ondulent, s’attirant et se repoussant à la fois sur cette musique aux accents dramatiques. La petite mort est la pièce suivante, illustrant avec goût l’union des corps et celle des cœurs dans ce sensuel et gracieux parallèle entre la mort et l’amour physique. Dans Wing of Wax, c’est l’idée de la découverte qui est abordée. Celle du mouvement, du corps et de ses limites, de l’espace également, d’abord en solo et en silence, puis en couple au rythme d’une musique aux accents exotiques. Les corps sont constamment en tension et le mouvement est dynamique dans cette fascinante découverte du corps de l’autre.

L’extrait suivant, Black Bird, dégage une atmosphère plus sombre, voire déchirante. Une rupture, des adieux forcés, interprétés avec sensibilité. La première partie du spectacle s’achève avec Susto, qui explore le thème du temps, de sa course effrénée vers l’avant. Personne n’y échappe, comme l’illustre brillamment cette chute de sable sous laquelle les danseurs se meuvent tour à tour.

Le retour de l’entracte se fait sous le signe de l’inspiration, avec la pièce du même nom. On y voit un compositeur face au syndrome de la page blanche. On ressent toute sa frustration, jusqu’à ce qu’apparaisse soudainement sa muse. Il apprivoise alors cette œuvre en création en dansant avec cette Érato surgie de nulle part. Couple of moments illustre avec humour ou douleur différents moments de toute une vie à deux. Cette pièce est interprétée par deux artistes issus de la compagnie NDT III (fondée par Kylian pour permettre aux danseurs âgés de «40 ans à la mort» de continuer à exercer leur art), ce qui apporte un souffle différent à la performance. C’est Birth-Day qui suit, une amusante et créative transposition dansée des ébats amoureux. Enfin, Un Ballo réunit sur scène tous les danseurs pour un numéro d’une grande beauté, où les corps forment des images intéressantes en exploitant les contrastes entre fluide et saccadé, mouvant et immobile sur une magnifique musique. Mais plus que tout, la passion des danseurs pour leur art est palpable, tout comme l’est leur amour pour Jiri Kylian.

Photo horizontale: YD_08_11_22_1551

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