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Une fin de saison sous le signe de l’absurde

(Photo Michel Chartrand)

Une fin de saison sous le signe de l’absurde

Humour

Après une première saison térésienne couronnée de succès, les Soirées Mort de rire prenaient fin le jeudi 16 avril dernier. Mais on aura doublement l’occasion de se dilater la rate à partir de l’automne prochain, l’église Sacré-Cœur demeurant le théâtre de ces évènements, à raison de deux fois par mois.

Sous l’égide du dynamique René Forget, se sont ainsi produits Pascal Barriault et Jean-François Daoust, de même que le très attendu Billy Tellier, pour une soirée placée sous le signe de l’absurde et du stand-up comic.

Pour cette soirée de clôture, l’animateur René Forget s’est offert trois numéros, plutôt que ses deux habituels tours de parole. Avec habileté, il nous entretient des nombreux désavantages à vivre avec un surplus de poids, sans chercher la pitié. Bien dans sa peau, il affirme que le bonheur est un choix dans ce qui est probablement son meilleur sketch de la saison. À son retour, il s’est métamorphosé en Cyrano des temps modernes, décrivant avec force allitérations et beaucoup de recherche «le cycle de la vie», une lettre de l’alphabet à la fois. Finalement, cet ancien policier puise dans son expérience personnelle pour nous présenter une réflexion plutôt sévère sur le rôle et les méthodes de la police aujourd’hui.

Premier humoriste à fouler la scène, Pascal Barriault se décrit comme un «ramasse-tout». Sur le plateau jonché de boîtes de carton contenant ses souvenirs, il nous fait découvrir son univers avec un sens de l’absurde indéniable, utilisant la vidéo pour des retours en arrière et des projections dans l’avenir. Pour sa seconde prestation, Pascal Barriault choisit de prêter ses traits à un père de famille anglophone manquant énormément de tact et de finesse quand vient le temps d’annoncer son divorce prochain à son jeune fils. Si ce second numéro présente moins d’originalité que le premier, on s’esclaffe à entendre l’accent impossible du personnage et sa drôle de manière de faire face au problème… C’est ensuite Jean-François Daoust qui prend le relais, reprenant la tradition du stand-up américain. Il commente le quotidien, dénonce les «fausses bonnes idées», exagère, extrapole jusqu’à la limite de l’absurde dans un feu roulant de gags aux dénouements inattendus.

Billy Tellier, «le clou de finition de la soirée», fait son entrée en scène au son des applaudissements nourris d’une foule bien réchauffée. L’humoriste y va tout de suite d’une chanson à répondre, histoire de s’acoquiner les spectateurs, déjà complices et prêts à rire. Relatant ses débuts dans le monde de l’humour, il nous parle au passage de son enfance et de sa petite taille (cinq pieds et trois pouces, soit «la grandeur d’un pénis d’éléphant en érection»). Très imagés, ses récits s’appuient sur un jeu physique et un visage expressif, de même qu’un très bon sens du punch, du double sens et de l’inattendu. L’œil vif, l’esprit rapide, Billy Tellier déplore la mauvaise utilisation de l’humour dans les publicités, établit des parallèles entre des réalités bien distinctes, critique le système d’éducation et s’exaspère d’une vague de pensée positive. Avec une bonne dose d’autodérision, il raconte son impatience, ses maladresses, prend même la guitare pour nous chanter que «quand on veut, on peut, c’est pas vrai». Sympathique et énergique, à l’image de cette dernière Soirée Mort de rire de la saison.

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