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Des élèves de la 5e secondaire réagissent à un article paru dans le Journal de Montréal

(Photo Michel Chartrand)

Des élèves de la 5e secondaire réagissent à un article paru dans le Journal de Montréal

École secondaire Henri-Dunant, à Blainville

Le 16 février dernier, le Journal de Montréal publiait, sous la plume du journaliste Sébastien Ménard, un article intitulé «Une génération oubliée?» et dépeignant, en substance, les jeunes d’aujourd’hui comme étant des «ados pas autonomes, peu cultivés et qui ne savent pas écrire en français».

Selon le journaliste: «Plusieurs élèves qui quitteront le secondaire en juin, après avoir goûté à la fameuse réforme de l’éducation, sont loin d’être prêts pour le cégep et obligent leurs profs à niveler par le bas.»

Un peu plus loin dans son texte, il en rajoute en mentionnant l’attitude agressive, le refus de travailler et l’impolitesse de plusieurs d’entre eux, sans compter ceux et celles qui quittent la classe plus tôt pour aller fumer, à moins qu’ils ne s’absentent carrément, «avec la bénédiction de maman», écrit-il. Pour arriver à pareil constat, le journaliste s’est basé sur son expérience personnelle à titre de suppléant en 5e secondaire, pendant deux semaines et dans deux écoles différentes.

Or, les jeunes de l’école secondaire blainvilloise Henri-Dunant de la classe d’Alain Laplante, un enseignant en Éthique et culture religieuse, ont tenu à réagir face aux propos tenus par M. Ménard, par le biais d’une lettre lue en conférence de presse devant les médias régionaux, laquelle reprend point par point les constats généralistes du journaliste. Selon eux, «les conclusions hâtives du journaliste ne sont basées sur aucun fondement véritablement concret».

Véronique Girard, une élève de la 5e secondaire, a rédigé et lu la lettre qui représente aussi l’opinion de la majorité des autres élèves. «Tout d’abord, le journaliste généralise, car effectivement certains élèves manquent d’autonomie. Mais il n’a pas tenu compte de tous ceux qui réussissent bien à l’école, qui parviennent à concilier travail et études et qui entreprennent plusieurs projets d’avenir. Il ne s’attarde qu’à une infime partie des étudiants et ne se soucie pas d’en apprendre davantage sur les autres qui, pourtant, ont un avenir prometteur», souligne la jeune fille. «On trouve injuste que ce journaliste ait le droit d’être pris au sérieux avec ses généralités», ajoute-t-elle.

Projets intégrateurs

Ces jeunes que l’on prétend «pas autonomes, peu cultivés et qui ne savent pas écrire en français» auraient pu se contenter de terminer ici leur intervention. Ils ont plutôt opté par la présentation de trois de leurs projets intégrateurs, démontrant ainsi qu’il faut justement une bonne dose d’autonomie, de créativité, de politesse et d’organisation pour mener à bien ces projets qui, rappelons-le, s’inscrivent dans le cadre de leur scolarité.

Ces trois projets, qui sont en fait l’œuvre d’Anne-Marie Miller et Ariane Guimond, Maxine Parisien et Marie Henrion et enfin Kevin Williams, se caractérisent par un volet propre à chacun, qui humanitaire, qui artistique, qui sportif. Anne-Marie et Ariane fabriquent et vendent des bijoux dont les profits seront remis à la Fondation de l’Hôpital Sainte-Justine; Maxine et Marie créeront une murale avec le nom de leur école écrit en graffiti; et Kevin a organisé un tournoi de volleyball.
«C’est la preuve qu’on peut faire de belles choses. Parce que pour réussir notre projet, on a dû faire preuve de savoir-vivre», a dit Anne-Marie Millaire, en parlant de son projet de création de bijoux. «Pour réussir mon projet, j’ai dû faire preuve d’autonomie. Parce que pour organiser un tournoi de volleyball, il faut aussi savoir prévoir les problèmes et les obstacles», de renchérir Kevin Williams.

L’on retiendra effectivement de ces présentations le sérieux de la démarche, la façon articulée dont ces jeunes ont fait valoir leur point et la rigueur de leur propos. Des jeunes de toute évidence aux antipodes de ceux qui sont dépeints dans l’article de M. Ménard. Un courriel à l’attention de Sébastien Ménard a été envoyé par le biais de la rédaction du Journal de Montréal, en date du 10 mars. Aucun retour n’avait été enregistré au moment d’écrire ces lignes.

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