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«Je suis née rebelle» — Janette Bertrand

(Photo Michel Chartrand)

«Je suis née rebelle» — Janette Bertrand

En conférence devant plus de 500 personnes, à Mirabel

Le 11 mars dernier, au Club de golf Les Quatre Domaines, à Mirabel, dans le cadre du 3e Salon-conférence pour les femmes des Basses-Laurentides (le premier dédié entièrement aux femmes), Janette Bertrand est venue raconter son histoire, une histoire qui touche toutes les générations de femmes, celles d’hier et d’aujourd’hui, et qui a tissé la toile de fond de sa propre évolution personnelle.

«Toute ma vie, je me suis demandé: est-ce qu’on naît guerrière? Pourquoi je suis devenue ce que je suis devenue aujourd’hui? Pourquoi je n’ai jamais pu me contenter d’élever mes enfants et de servir mon homme? Tout aurait été tellement plus simple…», a-t-elle lancé d’entrée de jeu. Devant elle, quelque 500 personnes, en vaste majorité des femmes, attendaient impatiemment la réponse, buvant d’avance les paroles de Mme Bertrand.
«Je suis née rebelle. Je suis née en me disant: ça n’a pas d’allure», a-t-elle finalement concédé, mettant ainsi la table à une soirée tout en confidences, où les femmes de l’auditoire n’ont pu faire autrement que de se reconnaître dans les paroles et les combats de Mme Bertrand. «Je sais que je prêche à des converties», constatera-t-elle d’ailleurs rapidement.

Seule fille après ses trois frères, Janette Bertrand a été élevée dans le Faubourg à la mélasse, quartier ouvrier de Montréal, dans les années 1920 et 1930. «J’ai passé les 16 premières années de ma vie sur la galerie, plus précisément au 2526, rue Ontario Est, à regarder le monde entrer et sortir des tavernes», relate-t-elle.

Or, jeune fille en apparence soumise, Janette Bertrand n’en finissait plus de bouillir à l’intérieur. «Dans mon cœur, je criais sans cesse à l’injustice», se souvient-elle. À commencer par les inégalités entre ses frères et elle. «Quand je me choquais, on me traitait d’hystérique. Quand mes frères se choquaient, on me disait de ne pas faire exprès de les provoquer: tu le sais bien qu’il est mauvais, me disait ma mère», raconte-t-elle.

Déterminée à aller à l’université, Janette Bertrand a décidé de foncer, tête première. Et tant pis si ça fait mal. «Je voulais m’instruire, comme mes frères. Je voulais devenir un grand reporter. Quand j’ai demandé à mon père de m’inscrire à l’université, il m’a dit: mais pourquoi? Tu vas changer des couches!», se remémore-t-elle.

Instruction, intelligence et bonheur

Sautant volontairement par-dessus plusieurs grands pans de sa vie, temps oblige, Mme Bertrand a bien sûr évoqué ses enfants, Isabelle, Dominique et Martin, et son mari, Jean Lajeunesse, à qui elle a voué un véritable amour. Homme de son temps, il n’aura cependant pas compris le besoin d’émancipation de sa femme et quand celle-ci lui a demandé de retirer son nom à titre d’auteur dans le générique du téléroman Grand-Papa, c’est tout leur mariage qui a encaissé le coup pour ne plus jamais se relever. «Après tout, c’est moi seule qui écrivais les textes», plaide-t-elle.

Aujourd’hui âgée de 84 ans, Janette Bertrand semble toujours aussi infatigable et continue son combat. «Je veux que les femmes prennent conscience de leur force et de leur droit à l’instruction. Si je suis ici, ce soir, c’est pour partager avec vous que nous valons toutes quelque chose. Suffit de faire confiance à notre intelligence. Quant à moi, c’est très sereinement que j’ai opté pour le bonheur», a-t-elle conclu.

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