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L'attente en attente, Jardin des Sources, Mamies Branchées, Sainte-Thérèse

L’humour semble être la panacée suggérée pour supporter les épreuves du temps et «survivre» à l’attente. (Photo Claude Desjardins)

La troupe des Mamies Branchées en action. (Photo Claude Desjardins)
Les comédiennes mordent dans le texte avec un plaisir manifeste. (Photo Claude Desjardins)
Après la représentation, Marie-André Petelle (à gauche), a reçu un hommage de la part des comédiennes qui l’on consacrée «Mamie Branchée». (Photo Claude Desjardins)

Théâtre: de l’art d’attendre sans rien y perdre

La pratique théâtrale est résolument installée, à la résidence pour personnes retraitées Le Jardin des Sources, à Sainte-Thérèse, alors qu’on y présentait une quatrième production en autant d’années, le jeudi 8 juin, toujours sous la supervision de l’auteure, metteure en scène et pédagogue Marie-Andrée Petelle.

L’attente en attente mènerait cette fois la réflexion vers un terrain connu, exploré jusque dans ses moindres replis et ses déclinaisons infinies. «J’étais moi-même en attente, dans une clinique, et j’observais les gens. C’est là que le sujet m’est venu. Je me suis mise à noter tout ce qui existait sur l’attente. J’ai proposé l’idée aux comédiennes en leur suggérant de réfléchir à tout ce qui les faisait attendre dans la vie. Elles sont revenues avec leurs idées et, à partir de là, j’ai écrit la pièce», raconte Marie-Andrée Petelle, pour qui cette façon de travailler est une démarche de longue date, elle qui a fait carrière dans le milieu de l’enseignement préscolaire et qui a fait du théâtre à la fois un loisir, un engagement et un outil pédagogique, un exercice qu’elle accomplit avec une passion qui n’a jamais faibli.

C’est pourquoi les productions qu’elle dirige sont chaque fois aussi substantielles, pertinentes, intéressantes… et drôles puisque l’humour demeure une panacée, clairement identifiée cette fois comme le moyen privilégié de supporter les épreuves du temps et de «survivre» à l’attente.

De sources diverses

Dans cette pièce en forme de discussion et de prises de position diverses, les interprètes évoqueraient alors les divers aspects de cette activité humaine qui se pratique avant même la naissance. On aborderait la chose sous des angles aussi variés que l’exaspération et la sérénité, le désir aussi, qui s’incarne dans l’attente exaltante du plaisir; on évoquerait l’attente dans ce qu’elle a de plus prosaïque, mais aussi jusque dans ses recoins philosophiques.

«J’ai puisé partout, dans les journaux, dans la littérature, partout», raconte l’auteure qui a assaisonné son texte, ici et là, de proverbes, ou encore, d’emprunts à Lamartine (Ô temps, suspends ton vol) ou Victor Hugo (Rêver, c’est le bonheur, attendre, c’est la vie).

Les Mamies Branchées

Cette année, deux comédiennes se sont ajoutées, ce qui porte à huit les effectifs de la troupe qui s’est donné le nom de Mamies Branchées. «À ce rythme-là, on pourra bientôt monter les Belles-Sœurs!», s’exclame Marie-Andrée Petelle, qui relève en même temps qu’aucun homme n’a eu jusqu’ici l’audace d’affronter la scène du Jardin des Sources.

Ces Mamies Branchées, ce sont Marthe Lalancette, Solange Monette, Lise Landry, Charlotte Thériault, Micheline Gagné, Solange Lépine, Jacqueline Gardner et Lise Lapointe, lesquelles mordent dans ce texte avec un plaisir manifeste, en faisant fi des petites erreurs qui se pointent ici et là, le tout baignant dans une atmosphère bon enfant, ce qui n’exclut pas la rigueur et le désir de bien faire. On aura aussi relevé qu’elles ont fait un pas de géant, depuis l’an dernier, quant à la présence sur scène et la justesse du ton.

«L’attente en attente: prononcer ces mots évoque le scénario de nos vies, qui diffère selon les personnes et les moments», suggérait l’auteure, en apéritif, juste avant que les comédiennes montent sur scène pour jouer sa pièce, laquelle se terminerait sur un hommage bien senti à celle qui leur permet de vivre cette aventure depuis quelques années.

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