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Soul rieur

(Photo Yves Déry)

Soul rieur

Damien Robitaille

L’église Sacré-Cœur était sans doute le lieu tout indiqué pour que Damien Robitaille fasse montre, le 19 mars dernier, de son adresse à distiller une musique aux accents très soul. En fait, il ne la chante pas, ni ne la joue. Il la prêche, et d’une façon si badine, si espiègle que l’on ne doit s’étonner guère s’il réussit à faire de plus en plus de nouveaux convertis à sa doctrine musicale.

Il ne peut certes pas renier le fait que plus jeune, ce Franco-Ontarien de 28 ans ayant élu domicile au Québec a passé nombre de dimanches à l’église en compagnie de sa mère qui était pasteure. L’influence est spirituelle, tant dans le récit que dans le rythme, ce qui n’exclut pas qu’un gars veuille «lâcher son fou», ce que Damien Robitaille réussit à merveille avec des textes fusionnant l’absurde à une philosophique observation du quotidien.

Il a fait bien rigoler quand, en ouverture de spectacle, il annonce lui-même (avec une intonation digne des présentateurs de talk-shows américains) son entrée en scène, celle d’un des plus grands entertainers au monde! Alors qu’une foule d’artistes tombent dans le panneau de la fausse modestie, Damien Robitaille donne allégrement dans la fausse prétention, et l’auditoire s’en délecte. Et c’est encore plus cocasse quand on sait que l’auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste se considère comme un grand timide.

Vêtu d’un smoking et suivant un lent tempo, il dévoile le côté crooner (Sinatra est son idole) nouveau genre de sa personnalité sans jamais trop se prendre au sérieux.

Et le volet musical est assuré avec des sonorités dérivées du country, du rhythm and blues, qui adoptent un ton parfois même «beatlesque». Normal! Robitaille a jadis fait partie d’un groupe hommage au Fab Four britannique.

Dans l’exécution, on décèle aussi, par ses mimiques, son penchant pour James Brown. «Hey, les gars, on va-tu au bridge (interlude)?», lance-t-il à ses trois musiciens en guise de clin d’œil en traduction libre à une célèbre parole fétiche du roi de la soul dans Sex Machine.

Et au-delà du rendu folâtre de ce spectacle avec les pièces On est né nu, Homme autonome et Jésus nous a dit, le thème de l’esseulement est souventefois abordé avec des pièces comme Mon nom et Y-a-t-il quelqu’un, ce qui aide sans doute le grand timide, que Damien Robitaille prétend être, à s’extérioriser.

Et sur Mot de passe, historiette d’un homme voulant conquérir sa tendre moitié, le contingent féminin du public semble craquer…

Bref, une belle soirée à laquelle on aurait pu ajouter encore plus d’enrobage croustillant avec l’intégration de cuivres (comme sur l’album Homme autonome), et pourquoi pas de l’orgue pour sous-tendre la spiritualité en trame de la démarche (un Hammond B-3 et ce serait le pied!).

Mais c’est une prouesse de Damien Robitaille de gagner la faveur de l’assemblée (pas nécessairement toute composée de fidèles) présente ce soir-là dans l’«ancienne petite maison de Dieu» avec du matériel original uniquement et aucune reprise de succès connus d’autres artistes.

Robitaille remet ça

Les gens de la région, dont la curiosité est piquée par le fascinant personnage que représente Damien Robitaille et qui ont raté sa présence du 18 mars, seront heureux d’apprendre qu’ils pourront se reprendre tout à fait gratuitement, le vendredi 27 août prochain. Il se produira sur une scène extérieure installée devant l’hôtel de ville de Sainte-Thérèse, dans le cadre de la série Place du Village en spectacle du Service municipal des arts et de la culture.

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