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Entête - Culture

Roomtone: explosif!

Théâtre

Sans vouloir faire de mauvais calembour, «explosif» est le tout premier qualificatif qui vient en tête lorsque l'on veut exprimer l'impression laissée par cette première représentation de la pièce Roomtone en sol Montréalais.

Pour la petite histoire, rappelons que Roomtone, écrite par Nico Gagnon, a été créée et jouée en octobre 2008 à l’Option-Théâtre du collège Lionel-Groulx, alma-mater de son auteur et du metteur en scène Sébastien Gauthier. Le Théâtre du Polisson, compagnie formée d’une douzaine de comédiens issue de la cuvée 2009 du programme d’Interprétation Théâtrale, appuyés par une équipe de diplômés en Théâtre-Production des récentes cohortes, reprend cet automne cette pièce au rythme débridé à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier, et ce, jusqu’au 25 septembre.

Dans un petit village, le groupe de l’heure, les Roomtone (Nicolas Gendron, Nadine Jean et Gabriel Dagenais), sème l’émoi en venant se sustenter au seul restaurant de l’endroit, troquet familial tenu par les frères Daniel (David Leblanc) et Nicolas (Samuël Côté), de même que la benjamine Julie (Julie Cantin-Béliveau). Un autre trio, criminel celui-là, les motards, César (François Morin), Georgie (Olivier Berthiaume) et Cindy (Marie-Claude Blanchet), contribue également à accentuer le climat de tension et de fébrilité qui règne dans la cuisine comme dans la salle à manger… Ajoutons à cette galerie de personnages colorés Kim (Geneviève Boivin-Roussy), l’ancienne copine repentante de Nicolas et Marco (Gabriel Dagenais), le chef cuisinier jaloux et amoureux de Julie, une jeune fan à l’enthousiasme débordant (Audray Anna Demers), de même qu’une mystérieuse plongeuse (Mary-Eve Fortier) pour une comédie aux situations rocambolesques, quiproquos et chassés-croisés nouveau genre.

Dans Roomtone, pas de place pour l’ennui, les longueurs ou les silences contemplatifs. Le texte de Nico Gagnon, truffé de jeux de mots, de gags et références culturelles actuelles, est joué sur le mode de l’urgence, toujours. Premier indice, l’action (ou plutôt les actions) se déroule dans un restaurant durant la période des Fêtes. Donc, urgence dans les cuisines, urgence dans le service, mais aussi urgence dans les relations entre les personnages, les tensions s’accumulant tout au long de la pièce, et même urgence pour la survie des personnages.

La mise en scène de Sébastien Gauthier, inventive et dynamique, sert à merveille ce constant état de panique. L’attention du spectateur est constamment sollicitée, les faits se déroulant latéralement dans un décor ouvert sur deux côtés, éliminant de fait la staticité d’un rapport frontal. On adore les effets spéciaux «faits main», cette manière créative et très bien réussie de nous montrer les évènements qui se déroulent à la fois dans la cuisine et dans la salle à manger, et aussi la structure temporelle décalée de la pièce, qui nous explique à retardement les pourquoi et les comment, façon Pulp Fiction.

La multiplicité des actions, les fils narratifs qui s’entrecroisent, le mouvement constant, la précision et le débit rapide font de cette comédie au rythme débridé un beau défi d’acteur et force est d’admettre que chacun d’eux le relève avec brio. Certains personnages frôlent le cliché et pourraient facilement tomber dans la caricature, mais on évite habilement le piège, insufflant à ceux-ci une force de caractère ou un capital de sympathie insoupçonné.

Parmi cette ribambelle de personnages hauts en couleurs, on se souviendra particulièrement de cette obscure mais hilarante plongeuse inteprétée par une Mary-Eve Fortier nonchalante et pince-sans-rire, mais également du Georgie d’Olivier Berthiaume, garde du corps sibyllin et peu loquace, à la fois violent et protecteur, tragique et comique, de même qu’on aime à détester l’égocentrique Érik (Nicolas Gendron), chanteur de Roomtone, personnage unidimensionnel et méprisant…

Roomtone, donc, du 8 au 25 septembre, un rendez-vous à noter à votre agenda si un théâtre différent, rempli d’émotions fortes et d’adrénaline, porté par une troupe dynamique vous fait envie.

 

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