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Ribes et les sursauts de la vie

(Photo Michel Chartrand)

Ribes et les sursauts de la vie

Théâtre sans animaux (et autres espèces)

Dans la préface de Théâtre sans animaux, pièce écrite en 2001 par l’auteur français Jean-Michel Ribes, ce dernier y va d’un éloge du sursaut: «J'aime beaucoup les étincelles des courts-circuits, les immeubles qui tombent, les gens qui glissent ou qui s'envolent. Ces petits moments délicieux qui nous disent que le monde n'est pas définitivement prévu…»

C’est dans cette eau-là que baigne tout entière l’actuelle cohorte des finissants de l’Option-Théâtre du Collège Lionel-Groulx qui, sous la gouverne du metteur en scène Frédéric Dubois, met la dernière touche à un spectacle dont le titre, volontairement prolongé d’une parenthèse, Théâtre sans animaux (et autres espèces), confirme qu’on a puisé ailleurs (on a reconnu des extraits de Palace) dans le répertoire délicieusement comique, et surtout absurde, de cet auteur.

Ces «sursauts», qui apportent une cassure franche et subite dans nos vies apparemment linéaires et sans histoires, résident dans des anecdotes aussi peu probables qu’un stylo gigantesque, venu d’on ne sait où et qui trône au beau milieu du salon, un père de famille qui oublie le prénom de sa fille, le client d’un restaurant qui trouve une boule de pétanque dans sa soupe, un golfeur qui entend l’étonnante confidence de son partenaire de jeu, bref, un théâtre fait de courtes pièces qui braquent l’objectif sur ce que le metteur en scène appelle le zoo humain.

«On y observe des gens qui, dans leur quotidien, vivent une chose qui les bouleverse et qui change leur existence», résume Frédéric Dubois, lequel a demandé à ses acteurs (cinq gars, sept filles) d’adopter un jeu réaliste, mais plastique, froid et détaché, quelque chose qui navigue entre le réel et l’aseptisé, mais qui demeure, pour en avoir vu quelques extraits en conférence de presse, d’une redoutable efficacité. On aura par ailleurs conservé le ton et l’accent français, notamment parce que la langue de Ribes est savoureuse, mais aussi à cause des nombreux référents à cette culture qui n’est pas la nôtre.

Les personnages évolueront dans un décor frontal conçu par Joëlle Harbec, qui propose un immeuble à appartements vu en coupe, un procédé qui favorise à la fois le voisinage, lorsque la chose est requise, mais aussi l’enfermement, l’effet d’emprisonnement et, par extension, suggère qu’il pourrait s’agir là du miroir de nos propres vies.

Inspirée des toiles de Hopper et Magritte, Claudya Witkowski Ruel a conçu des costumes aux lignes droites et épurées (le style utilitaire des années 1940, un genre qui relève presque de l’uniforme et qui décrète momentanément la mort de la mode), assortis de souliers simples et de coiffures symétriques, le tout dans des tons de beige, de bleu, de noir et de blanc.

Le défi de Martine Gagnon, aux éclairages, aura été de créer 14 petits univers différents et de les unifier. Cadres et meubles lumineux, sources de lumière domestique, contribueront à l’élaboration d’un univers réaliste ponctué de changements subtils.

Pour ce qui est de l’environnement sonore, la conceptrice Sabrina Richer indique que son travail aura été d’accentuer le texte en y allant de transitions musicales qui apporteront un commentaire, parfois par le biais de chansons populaires, légères ou pas, pour la plupart puisées dans le répertoire des années 1980 et qui traitent de l’univers du quotidien.

Cinq représentations de Théâtre sans animaux (et autres espèces) sont programmées au Studio Charles-Valois du collège Lionel-Groulx, du 13 au 16 octobre. Billetterie du Théâtre Lionel-Groulx: 450-434-4006 ou [www.theatrelg.com].

 

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