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Retour vers le futur

(Photo Yves Déry)

Retour vers le futur

The Lost Fingers

La saison hiver-printemps des Soirées branchées, à l’église Sacré-Cœur, a connu un départ sur les chapeaux de roues, avec le passage du trio The Lost Fingers.

Leur version d’Incognito de Céline Dion les a fait connaître du grand public et a suscité un engouement pour ce genre méconnu qu’est le jazz manouche. Ils étaient donc attendus avec fébrilité par une salle comble, pressée d’entendre et de réentendre les nombreux autres succès des années 1980 que le groupe a remaniés à la sauce manouche. Les fans ont cependant dû prendre leur mal en patience. En effet, Alex Morissette (contrebasse et voix), Christian Roberge (chant et guitare) ainsi que Byron Mikaloff (guitare et voix), qui participaient à un autre évènement le soir du 16 janvier, n’ont foulé la scène qu’aux alentours de 22 h…

Ainsi, après s’être fait désirer pendant près d’une heure, les Lost Fingers entrent en scène, étrennant de nouveaux costumes de spectacle pour un public un peu fatigué, mais plutôt joyeux. Leur retard est d’ailleurs bien vite pardonné alors qu’ils promettent de «réchauffer la cabane» en entamant leur version de Tainted Love de Soft Cell. De délicieuses relectures de Joe le Taxi (Vanessa Paradis) et de Straight Up (Paula Abdul) sont également au menu de ce début de spectacle. On aime à reconnaître ces anciens succès, les réentendre ainsi dépoussiérés, ce qui nous aide à assumer notre côté quétaine. Les doigtés sont experts et légers, les rythmes entraînants et ensoleillés. Ils nous transportent de Django Reinhardt à Céline Dion, en passant par Samantha Fox (l’inspiratrice du projet Lost Fingers, soit dit en passant), AC/DC, Bon Jovi, Robert Charlebois ou encore Kool and the Gang, dont les succès prennent une tout autre saveur, revisités par les guitares, la contrebasse et les harmonies vocales impeccables.

Le Part-Time Lover de Stevie Wonder se révèle ainsi particulièrement efficace, plus tonique, avec les différents registres vocaux exploités par Christian Roberge. C’était aussi le cas du Black Velvet d’Alannah Myles, blues à souhait, avec une finale rythmée inattendue. Le concert, plutôt bref, s’achève sur une excellente reprise de Billie Jean de Michael Jackson, qui laisse présager un rappel imminent. Ce dernier est festif et dynamique, l’énergie dans la salle et sur la scène est surprenante, alors que le trio interprète tour à tour Pump Up the Jam de Technotronic, Belleville Rendez-Vous de la bande originale des Triplettes, puis Ça fait rire les oiseaux de la Compagnie Créole… En somme, beaucoup de plaisir en cette fin de soirée tardive, avec ces excellents musiciens que sont les Lost Fingers, dont la vitesse d’exécution et l’habileté impressionnent tout au long du concert.

Et si la première partie du concert a reçu un accueil un peu incrédule et mitigé, l’auteure de ces lignes s’est pour sa part délectée de la pop-rock-électro de JohnE-5, un heureux mélange à l’énergie particulière et au rythme contagieux. Avec humour, le trio claviers-guitare-voix nous propose, entre autres, un «set carré expérimental» ou encore un «délire des mondes galactiques», en plus de demander en chanson Comment ça va, Marc Hamilton? Rafraîchissant métissage des genres et des textures, du pur divertissement, la musique de JohnE-5 est à découvrir. Peut-être auraient-ils dû jouer un peu plus longtemps pour finalement conquérir la foule, et de ce fait l’aider à patienter?

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