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Piaf: sa vie comme un théâtre

Quelle vie, quel parcours que celui d’Édith Piaf! Comme un roman, un film, une pièce de théâtre, celle que nous présentait le Théâtre Lionel-Groulx, la semaine dernière.

Elle voit le jour durant la Première Guerre mondiale, issue d’un père acrobate et d’une mère chanteuse et droguée, entourée de ses grands-mères, l’une alcoolique et l’autre tenancière de bordel. Dans les faubourgs de Paris, où elle survit engoncée dans la misère avec sa complice Momone, Édith chante dans les rues pour gagner quelques francs. C’est là que M. Leplée la remarque et lui offre de chanter dans son cabaret, une chance inespérée qui fera tourner le destin de «la môme Piaf» pour le meilleur et pour le pire…

«L’amour, c’est triste et merveilleux», a dit Édith Piaf, elle qui l’a tant cherché, chanté, perdu, célébré et haï. Sa vie est en effet une longue quête d’amour, celui du public ou celui des hommes, constante lutte contre une solitude qu’elle semble craindre par-dessus tout.

Des rues mal famées de Paris aux grandes scènes new-yorkaises, l’auteure Pam Gems et le metteur en scène Jacques Rossi créent une série de tableaux colorés suivant le destin à la fois magique et tragique de la légendaire chanteuse française, sa vie comme un théâtre.

Trois grands cadres et des planchers en pente, décor abstrait et superbe, permettent de recréer les différents lieux de l’histoire par l’ajout d’accessoires, toutes les manipulations bien à la vue. Les spectacles dans le spectacle, l’utilisation du rideau de scène, la présence parfois d’un maître de cérémonie soulignent l’aspect théâtral, romanesque de la vie de Piaf, tout en offrant au public une mise en scène dynamique et rythmée.

Beaucoup d’humour également dans le texte, et un jeu très physique, surtout en première partie, laquelle apparaît du coup plus légère que la seconde. Cela engendre cependant un certain déséquilibre dans la charge du récit, la légèreté du ton diluant parfois l’impact dramatique des évènements ou générant des éclats de rire à des moments inopportuns.

Dominique Leduc se glisse dans la peau de Piaf avec facilité, rendant avec force et sensibilité ses zones d’ombre et de lumière. Elle forme avec Renée Cossette (Momone) un duo explosif, où elles incarnent avec naturel et crédibilité les meilleures amies du monde à la complicité inaltérable, celles qui ont tout vu et tout vécu ensemble dans les ruelles parisiennes. Leduc se fait également émouvante d’amour sincère et candide en évoquant la relation au dénouement tragique de Piaf avec le boxeur Marcel Cerdan.

La distribution, nombreuse et solide malgré quelques inégalités, nous présente un vaste tour d’horizon de tous les personnages ayant pris part au destin incroyable d’Édith Piaf, de Marlene Dietrich à Jean Cocteau, en passant par les complices de la rue et les agents, les critiques et les amants. Une vaste fresque musicale, une vie comme un théâtre, célébrant toutes les facettes d’une artiste immortelle, excessive, vulnérable.

 

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