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Marie Tifo: Bons débarras et beaux souvenirs

Marie Tifo

Marie Tifo: Bons débarras et beaux souvenirs

Cinéma

Le cinéma québécois a été célébré tout au long de la présente saison de Ciné-Groulx. En effet, le club cinématographique a ponctué sa programmation de chefs-d’œuvre de chez nous, nous faisant ainsi découvrir la richesse du septième art de la Belle Province. Mais si la série Hommage au cinéma québécois prenait fin jeudi dernier, une série Rencontre débutait simultanément. Alors qu’on projetait Les bons débarras, la comédienne Marie Tifo était présente dans la salle et disponible pour une entrevue menée par Frédéric Lapierre, hôte de la soirée.

Le film de Francis Mankiewicz, scénarisé par l’auteur Réjean Ducharme et porté par une impressionnante brochette de comédiens, a marqué le paysage cinématographique québécois dès sa sortie sur grand écran, en 1980. Considéré comme un des plus grands films d’ici, il a remporté pas moins de six prix Génie en 1981.

Dans un univers délabré et isolé évolue le duo central, Michelle (Marie Tifo) et sa fille Manon (Charlotte Laurier), auquel semble se greffer une panoplie de personnages comptant sur l’affection et l’apparente force dégagée par Michelle. Il y a Guy (Germain Houde), son frère, aux capacités intellectuelles amoindries par une méningite. Il y a aussi son amant Maurice (Roger Lebel) le chef de police, et Gaétan (Gilbert Sicotte), l’ancien soupirant de Michelle et complice de Manon. Mais cette dernière voue à sa mère un amour qui se révélera exclusif et destructeur, accaparant par tous les moyens son attention, ne reculant devant rien pour éloigner toute personne extérieure avec une troublante froideur calculatrice.

Dans l’atmosphère très poétique qui émane du texte de Ducharme, le profond malheur de cette famille à la fois brisée et unie est parsemé de petits moments d’un bonheur précieux et fragile, le tout souligné d’humour et d’humanité, de beauté et de douleur.

Marie Tifo a accueilli avec beaucoup d’émotion ce film qu’elle n’avait pas revu depuis des décennies. Ce rôle de Michelle est celui dont elle est le plus fière et elle le considère comme un «baptême exceptionnel du cinéma». Souriante, chaleureuse et volubile, la talentueuse comédienne y va d’anecdotes de tournage et de récits d’auditions, avant de livrer un vibrant hommage aux artisans du film.

Lorsqu’on lui demande ce qui fait des Bons débarras un tel classique, elle répond avec justesse que c’est son réalisme poétique, son authenticité, son humour et son sujet même qui le rend intemporel et très près du peuple québécois.

Elle s’émeut d’un petit mot touchant envoyé pour l’occasion par Gilbert Sicotte, d’une lettre élogieuse de Bertrand Tavernier, mais elle s’insurge aussi contre la difficulté pour les cinéastes d’aujourd’hui d’obtenir des subventions pour des projets qui s’éloignent un tant soit peu des sentiers battus. Avec passion, elle nous entretient de théâtre et de dépassement, du danger et de l’incertitude qui font son bonheur de jouer.

En somme, une belle façon de clore à la fois la soirée et la série Hommage au cinéma québécois que cette projection des Bons débarras et cette rencontre captivante avec Marie Tifo.

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