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Luce Dufault ne joue pas

(Photo Yves Déry)

Luce Dufault ne joue pas

Chanson

Demandez dans votre entourage qui connaît Luce Dufault, et vous obtiendrez autant de réponses affirmatives qu’il y a de gens. Mais demandez-leur un titre de chanson, et peu vous répondront Tu me fais du bien ou encore Au-delà des mots.

Quoique ceux qui connaissent ces titres étaient suffisamment nombreux pour remplir le parterre du Théâtre Lionel-Groulx, samedi dernier, et leur accueil avait vraiment quelque chose de chaleureux pour la chanteuse qui se présentait avec un nouveau disque de grandes chansons anglophones.

Eh oui! C’est le syndrome Sylvain Cossette: une belle voix, mais pas de chansons personnelles, alors on donne dans les cover.

La facture musicale est impeccable, avec un orchestre de quatre instrumentistes et deux choristes. La voix de Luce Dufault suffit à captiver un auditoire de proximité, parce que, même dans l’obscure grande salle, les gens s’adressent à la chanteuse qui leur parle comme dans une discussion de salon. C’est assurément une dimension du spectacle qui séduit les vrais admirateurs de Luce Dufault, parce qu’ils étaient tout ouïe et très réactifs, sinon on décroche toujours quelque peu entre deux tounes.

Remarquez que c’est pire avec Isabelle Boulay et absolument interminable avec Jim Corcoran, mais peu importe la scène, on est toujours un peu dans une réunion de famille au Québec.

Il faut dire que la carte du spectacle est étrangement étayée. On passe subitement de la belle chanson de Richard Séguin intitulée Ce qu’il reste de nous et la minute d’ensuite on entre dans l’univers hollywoodien de My funny valentine. Il faut dire que ça clash quelque peu entre les deux univers culturels.

Une très belle voix, certes, mais aucune chanteuse n’est jamais sans défauts. Luce Dufault ne brille pas particulièrement dans le rythme, bonne mais sans plus, mais c’est surtout l’aspect comédie dans son interprétation qui fait quelque peu défaut. Pour qu’une chanson s’impose parmi toutes les autres, il faut que l’interprète nous convainque du propos. Or, elle demeure en surface en n’y trouvant que des notes.

Mais le fait qu’elle ne joue pas s’avère aussi la formule de son succès, parce que la clientèle de cette soirée est du type qui apprécie davantage la sincérité au racolage et les bons sentiments aux éclairages tarabustés. Ceux de cette soirée-là étaient d’ailleurs particulièrement mauvais, si bien qu’on les aurait dit aléatoires.

Luce Dufault soigne toujours l’aspect vocal, elle choisit pertinemment ses musiciens et les titres qui ont bercé son enfance, tout en saupoudrant ici et là les quelques chansons qu’elle a inscrites sur les palmarès au fil des ans, et la foule en ressort satisfaite.

En mars, Vincent Vallières et Patrick Watson

Ces deux-là attirent une tout autre clientèle alors que Vincent Vallières montera sur les planches du Théâtre Lionel-Groulx, le 19 mars, avec les dernières concoctions de son disque Le monde tourne fort.

Puis le 26 mars, ce sera le retour de Patrick Watson qui constitue, selon nous, l’un des très grands spectacles musicaux. À découvrir si ce n’est déjà fait. Il avait littéralement soulevé son auditoire lors de son dernier passage.

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