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Impératif (passé): la religion de la langue

(Photo Michel Chartrand)

Impératif (passé): la religion de la langue

À l’affiche de l’Option-Théâtre, du 14 au 17 octobre

La langue qu’il faut parler est au cœur de la démarche entreprise par les finissants en interprétation de l’Option-Théâtre du collège Lionel-Groulx qui proposent, pour lancer la saison 2009-2010, une création collective intitulée Impératif (passé), dans une mise en scène de Claude Laroche.

L’action se déroule à l’Institut de la Langue, une école qui fait religieusement profession du verbe pur et qui héberge, à dessein de les réhabiliter, des «handicapés de la parole» qu’elle souhaite convertir en les astreignant à une discipline rigide.

L’idée, raconte Claude Laroche, est venue pendant un exercice d’improvisation, au dernier semestre, alors que les finissants actuels étaient en troisième année. «Je leur demandais de trouver une manière d’exprimer physiquement la langue, relate le metteur en scène. Ça avait donné une improvisation à plusieurs personnages aux prises avec différents troubles du langage». On appelle ça un filon et la suite tient tout bonnement du désir de l’exploiter et de l’enthousiasme qu’on y met.

Pour Claude Laroche, le sujet rayonne forcément à travers le prisme de celui qui a vécu, comme acteur, l’émergence tumultueuse d’une langue théâtrale proprement québécoise. «C’est un thème récurrent, dit-il. Quelle langue parlons-nous? Quelle liberté prend-on? La langue est-elle aussi un facteur de contrainte?» Et si la langue était aussi un instrument de pouvoir? Et si, de la liberté du langage naissait tout simplement la liberté d’être?
«Nous ne voulons surtout pas imposer un message, insiste tout de même le metteur en scène. Ce spectacle, nous voulons l’offrir comme un lieu de réflexion et d’amusement.»

Pour l’intrigue, sachez seulement que nous observerons les personnages au moment où l’Institut de la Langue, après le décès de l’intendant Vogel, vit un changement de garde: la Grande Élue s’amène et, avec elle, son lot d’incertitudes, de bouleversements et de questionnements qui culmineront, nous dit-on, dans le cadre du grand bal de fin d’année.

Ces personnages parlent par la plume des interprètes eux-mêmes qui, ces derniers jours, vivent quelque chose d’étrange: ce qu’ils avaient imaginé n’aura proprement pas lieu. Portée par la vision du metteur en scène et des concepteurs, la pièce qu’ils ont écrite prend peu à peu, dans l’espace de jeu, une forme qui leur échappe. Si certains trouvent éprouvant de n’avoir plus rien à dire, d’autres considèrent comme une chance le fait de pouvoir mener un spectacle depuis ses balbutiements jusqu’à l’accomplissement. «De toute manière, intervient gentiment Claude Laroche, il faut que les interprètes cessent, à un moment donné, de se poser des questions d’auteur.»

Or, Impératif (passé), prendra vie dans un lieu clos et non réaliste qui évoquera néanmoins le pouvoir et la rigueur de l’institut, un espace aux relents d’église conçu par Catherine Hébert et qu’on pourra modifier à loisir pour suggérer la multiplicité des lieux.

Alexandre Paquette, de son côté, a conçu des costumes qui suggèreront les effets pervers de l’enseignement autoritaire sur l’individualité, une formule châtiée pour désigner les uniformes feutrés que porteront les étudiants et qui feront contraste avec les tenues soyeuses et libérales de leurs professeurs. Des éclairages de Raphaël Bussières, on sait qu’ils créeront les lieux que le décor ne souligne pas, qu’il aime éclairer les acteurs, que l’ensemble est teinté de fantastique et qu’on lui a donné matière à s’énerver pas mal.

En concordance, l’environnement sonore de Robin Kittel-Ouimet devrait apporter la touche finale à cette atmosphère étrange qu’on veut manifestement créer. Courants d’air, murmures et craquements, sobrement appuyés par quelques lignes électroacoustiques, seront les matériaux d’une sono englobante qui transformera le spectateur en témoin.

On a programmé cinq représentations d’Impératif (passé), pièce qui sera à l’affiche du Studio Charles-Valois de l’institution térésienne, du 14 au 17 octobre. Il faut passer par la billetterie du Théâtre Lionel-Groulx, au 100, rue Duquet, à Sainte-Thérèse. Information: 450-434-4006. Site Web: www.theatrelg.com.

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