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Boris Vian… sur toute la ligne

Sur la chanson Le tango des joyeux bouchers, les finissants en théâtre musical ont suggéré l’atmosphère dans laquelle baignera cette production. Photo Jean-Marc Laliberté (Collaboration spéciale)

Le metteur en scène Carl Poliquin et la chorégraphe Marie-Josée Tremblay. (Photo Jean-Marc Laliberté, collaboration spéciale)
L’équipe de conception: Élianne Désilets-Dubé (environnement sonore), Jonathan Beaudoin (éclairages), Érika Lefebvre (scénographie) et Charlotte Castel (costumes). (Photo Jean-Marc Laliberté, collaboration spéciale)

Boris Vian… sur toute la ligne

Théâtre musical

Ce sera bien sûr burlesque et bouffon. Grossier, même. Ça versera copieusement dans l’excès, dans l’ironie et l’absurde. Ça posera aussi, sur la guerre, la famille et l’Amérique des années 1940, un regard à la fois critique, lucide et sensible. Pour dire les choses autrement: ce sera L’Équarrissage pour tous, de l’auteur français Boris Vian.

En fait, ce sera toujours «sur la ligne» , se plaisait-on à répéter, en conférence de presse, à propos de cette production des finissants en théâtre musical du Collège Lionel-Groulx qui fera l’objet de cinq représentations, du 18 au 23 mai.

Boris Vian (1920-1959), ce grand chantre de la pataphysique, a signé des romans lumineux, des chansons, des poèmes et des pièces de théâtre, comme cet Équarrissage (la pièce a été écrite en 1947) que le metteur en scène Carl Poliquin a transformé en comédie musicale.

L’action se déroule le 6 juin 1944 en Normandie, jour du Débarquement, où nous partagerons le quotidien d’une famille dysfonctionnelle dont le père, un équarrisseur (ou si vous préférez, un transformateur de choses mortes) indifférent aux atrocités de la guerre, souhaite marier sa fille à un soldat Allemand avec qui elle couche depuis le début de l’Occupation.

«C’est un spectacle bavard et physique, un roulement continu. On y voit un personnage aux deux minutes et mille et une images en même temps» , résume Carl Poliquin qui avait joué cette pièce alors qu’il était lui-même un finissant de Lionel-Groulx en théâtre, au tournant des années 2000.

«Vian était un extrémiste et on gardera cet aspect du beaucoup trop. Toute l’absurdité viendra du fait qu’on la jouera de manière réaliste, en mettant le focus au bon endroit: sur les gens qui subissent la guerre» , exprime le metteur en scène.

Un défi de vraisemblance

Voilà donc comment on pourrait définir cette fameuse ligne sur laquelle on se tiendra en équilibre, ce «joyeux bordel organisé» avec lequel se sont manifestement amusés les concepteurs, Érika Lefebvre (scénographie), Charlotte Castel (costumes), Jonathan Beaudoin (éclairages) et Élianne Désilets-Dubé (environnement sonore), tous engagés, et en véritable collégialité, dans un défi d’intégrer des éléments de vraisemblance à cet univers absurde.

Il a donc fallu se lancer dans une recherche historique assez pointue pour réaliser que dans un contexte de guerre et d’occupation, par exemple, le rationnement et la rareté des matières avaient un effet direct sur les vêtements qu’on portait. Sur les bâtiments, aussi, et jusqu’aux objets du quotidien. Savoir le temps qu’il faisait, à la fois sur la côte et à l’intérieur des terres, le jour J, aura aussi guidé la conception des éclairages. «C’était la base de notre travail, expliquait Charlotte Castel. Carl voulait que l’absurde se retrouve dans le jeu des comédiens et non dans l’aspect visuel du spectacle.»

En avant la musique!

De ce côté, nous serons servis par une douzaine d’interprètes qui nous avaient vivement impressionnés en décembre, dans Les quatre filles du Docteur March et qui, en plus du texte de Vian, se mettront en bouche les chansons de ce dernier, qui ne représentent peut-être pas de grands défis vocaux, mais qui n’en portent pas moins une riche matière. Nous sommes au chapitre des suppositions, mais des titres comme Le tango des joyeux bouchers (offert en conférence de presse), Le Déserteur et peut-être même La java des bombes atomiques ou Fais-moi mal Johnny (allez donc savoir) pourraient très bien s’intégrer à cet univers loufoque.

Et puisque l’on dansera, on a encore fait appel à la chorégraphe Marie-Josée Tremblay, à qui l’on a demandé d’intervenir dans des endroits bien précis. «On est dans le swing, dans les pirouettes, on reste collé à l’époque, mais quand on est dans la tête des personnages, là, je n’ai plus de limites» , dit-elle.

L’Équarrissage pour tous, de Boris Vian, pièce adaptée en théâtre musical, sera présenté du 18 au 23 mai, au Théâtre Lionel-Groulx. Billetterie: Cabaret BMO Sainte-Thérèse, 57, rue Turgeon, Sainte-Thérèse; [http://www.odyscene.com]; 450 434-4006.

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