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Alex Perron le gomosexuel

(Photo Yves Déry)

Alex Perron le gomosexuel

Humour

Gomosexuel. C’est en utilisant ce terme qu’Alex Perron a révélé son orientation sexuelle à sa mère. «J’étais tellement énervé que les mots gai et homosexuel se sont mélangés et ça a donné gomosexuel», raconte-t-il, dans un moment charnière d’un spectacle de toute évidence bâti autour de ses expériences de vie, mais où l’émotion ne passe malheureusement pas toujours bien.

À cheval entre le ton sérieux et l’humour un peu gras, Perron parle de sa mère, de son amour pour celle-ci et de sa tristesse de la faire souffrir. Or, malgré notre envie de nous laisser toucher par son propos, quelque chose ne coule pas bien dans ce numéro – est-ce le ton, le rythme ou le fait que l’humoriste ait trébuché à quelques reprises sur ses mots? – et c’est un peu abruptement que le numéro se termine sur une question pourtant fort percutante: «Si ça vous arrive, posez la question. Est-ce mieux de perdre votre enfant ou de l’accepter tel qu’il est?» À l’époque, Alex Perron avait 18 ans. Il était à l’aube de sa vie d’adulte. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts. À preuve, aujourd’hui âgé de 37 ans, il n’a pas hésité pas à faire de son homosexualité la rampe de lancement de son tout premier spectacle solo.

Présenté pour la troisième fois seulement, samedi dernier à Sainte-Thérèse, dans le cadre des Soirées cabaret, à l’église Sacré-Cœur, le spectacle d’Alex Perron conviait les gens à rien de moins qu’une visite guidée de son jardin secret. «Je vis ma vie comme la vessie d’un petit vieux, c’est-à-dire sans retenue», a-t-il lancé d’entrée de jeu. Le ton était donné. Et c’est donc sans retenue que l’humoriste s’est livré, deux heures durant, à son public.

Les bons et les moins bons numéros

Au menu, outre le numéro portant sur la révélation de son homosexualité à sa mère, plusieurs thèmes explorés. Certains avec succès, d’autres moins. Comme celui sur sa conception du corps humain par laquelle il suggère que les hommes soient dotés de deux pénis et les femmes, d’un deuxième clitoris dans la paume de leur main. Ou celui de la séance photo avec les gens dans la salle, de la visite guidée de sa résidence ou encore ce numéro portant sur son sens absolu du beau.

En revanche, les numéros portant sur les hétérosexuels qui se confondent de plus en plus aux homosexuels – «Il y a 20 ans, un gai sentait bon le parfum et un hétérosexuel puait le Brut 33. Aujourd’hui, les hétéros sentent tous bon. Sans compter qu’ils se triment tous les poils» –, son obsession à vouloir tout contrôler autour de lui (lire: et toutes les bassesses qu’il consent à faire pour ne pas déroger à son horaire) ainsi que les deux présentations spéciales de Lady Alexia et Ginger Poitras (un délicieux délire) comptent au nombre des bons moments de la soirée.

Somme toute, un spectacle où, malgré des problèmes techniques et quelques numéros tombés à plat, le plaisir évident de l’humoriste de se retrouver seul devant public, son ton sympathique et légèrement névrosé, son propos et son amour du monde ont largement compensé. Pour connaître les dates de spectacle d’Alex Perron, tapez le [www.alexperron.com].

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